Bolivie, des tropiques à l'Altiplano, voyage lecteurs A/R

Marché de Tarabuco (6 octobre)

A/R : ¿ Que tal Christophe ?

Christophe Migeon : Froidement. Ciel brumeux, il bruine en permanence. On se trouve au-dessus de 3000 au marché de Tarabuco à 70 km au sud-ouest de Sucre. Ce soir, on sera à Potosi à 4000 m. Avec 100 000 habitants, c’est la plus haute ville du monde.

Ça ressemble à quoi Tarabuco ?

Le marché est fréquenté par des centaines d’Indiens habillés de manière traditionnelle. Le poncho est de rigueur, mais ce n’est pas pour faire plaisir aux touristes. Tous ou presque portent un couvre-chef. La montera confectionnée avec du cuir bouilli ressemble étrangement au morion, le casque porté par les conquistadores. La joq’ollo est réservée aux femmes. Il s’agit d’une toque cylindrique en laine ornée de perles. Pour se différencier des femmes mariées, les célibataires la portent sur le côté.

Que trouve-t-on dans les allées ?

On trouve à peu près de tout et notamment des étals de gras pas très ragoutants. Ces morceaux de gras servent en fait de bouillons cubes. Maggi n’est pas encore passé par là. Presque tout repose sur le troc. Le marchand de patates qui veut de l’orge annonce la couleur en disposant une poignée de grains sur son étal.

Tu ramènes quelque chose ?

Non. J’ai passé mon temps à photographier et ce n’est pas une sinécure. Dans le meilleur des cas, l’Indien demande du pognon (5 bolivianos soit 50 centimes). S’il est mal luné, il te balance ce qu’il a sous la main : oignons, patates, cailloux. Il arrive même de se faire castagner quand le marché tire à sa fin et que les hommes ont bu trop d’alcool de maïs (chicha) dans les chicherias. Les mineurs de Potosi s’envoient, paraît-il, un alcool de canne sucre à 96° sans prendre la peine de le diluer. J’espère qu’ils aiment bien les photographes.

Même pas quelques feuilles de coca pour la route ?

Non. Vous pouvez contrôler mes urines. Le reportage, textes et photos, est réalisé sans dopage.