Punta Arenas a été fondée il y a 150 ans, et à l’égal d’Ushuaia, fut aussi un pénitencier. Située sur la rive Nord du canal de Magellan, premier explorateur être passé par là, cette ville était l’un des passages obligatoires pour se rendre vers le Pacifique.
Vers 1880, le gouverneur de l’époque autorisa l’achat de 300 moutons de pure race aux Malouines, ce qui transforma l’économie locale. Au début du XXème siècle, près de 2 millions de moutons paissaient dans d’immenses estancias, créant d’immenses fortunes mais aussi mettant fin à la vie de toutes les tribus des indiens Onas qui occupaient ces territoires !
De nombreuses demeures furent érigées, ce qui donne à Punta Arenas un petit caractère de ville de province bourgeoise.

Ambiance dans le Palais de Mauricio Braun, témoignage de le richesse et de la puissance des grands propriétaires de la fin du XIXème
Le Cementerio Municipal reflète l’histoire et les égos extravagants de la bourgeoisie locale…
Le canal de Panama mit fin aux beaux jours du port, et maintenant cette ville est plus un carrefour commercial, une cité administrative et militaire, un centre pour l’exportation des produits de la pêche et de l’élevage de moutons ainsi qu’une zone franche. L’industrie du méthanol est une nouvelle ressource qui changera certainement l’avenir de la région.
Au cœur de la ville, au milieu de la place d’arme, une statue en l’honneur de Magellan trône, avec à ses pieds, un Indien assis. Caresser les pieds de cet Indien Ona porte chance parait-il… C’est peut être pour se faire pardonner des massacres qui ont ravagé tout le Sud du pays…
A la sortie de la ville, un entrepreneur original a décidé de construire un musée maritime original à base de répliques à l’identique de navires historiques. Pour l’instant on y trouve le bateau de Magellan et la barque de Shakelton lorsqu’il fit la traversée entre l’Antarctique et la Géorgie du Sud à la recherche de secours !
Nous quittons Punta Arenas, qui s’avère finalement une ville avec pas mal de points d’intérêts, direction le Nord à destination de l’estancia Rio Verde.
En route il faut absolument visiter la colonie de manchots du Seno Otway. Environ 6000 manchots de Magellan viennent nidifier durant l’été Austral dans une anse naturelle, partiellement protégée du vent. Ils arrivent sur place vers mi septembre, chaque couple de manchots revenant toujours dans le même nid, et la femelle pond en général deux œufs. Les deux petits seront prêts pour la grande migration de fin mars, qui les ramènera vers les côtes du Brésil afin de passer l’hiver !
Ne restent plus que deux heures de piste pour rejoindre notre hébergement dans l’estancia de Rio Verde, située au bord du Seno Skyring.
A partir de ce jour, je vais vous donner quelques impressions des participants de ce groupe. J’avais caressé le projet de faire écrire les textes à Catherine, mais il s’avère qu’il est difficile de faire un blog à quatre mains. J’ai (Christian Juni, l’un des créateurs de Tirawa) donc mon rôle de « rédacteur en chef » !
En direct de Rio Verde : les impressions du jour de Nathalie Dulac, une des participantes à notre voyage au bout du monde… Cimetière, escorte de chiens locaux, pied de l’indien, repas pantagruélique à la Marmitta (à ne pas manquer le jour où vous passerez par là…), marin sur la goélette de Magellan, salutations aux manchots pour finir par la cerise sur le gâteau le soir : une superbe estancia en pleine nature. Terre, Ciel et mer à perte de vue…
Rendez vous à demain pour la suite des aventures patagoniennes des voyageurs de Grands Reportages…




















