9 janvier 2012. Découverte de Buenos Aires

Docks rénovés et immeubles modernes du nouveau quartier de Puerto Madero

Après quelques aléas liés à divers bagages égarés et voyageurs arrivant sur différents avions, nous sommes prêts pour une première découverte de la capitale argentine. Les prévisions météo annoncent des températures caniculaires, ce qui sera vérifié avec plus de 38° dans l’après midi !
Carlos sera notre guide pour cette première journée en Argentine. Doté de beaucoup d’humour et parlant un français impeccable, il va nous faire découvrir sa ville en suivant l’histoire chronologique des différents quartiers de centre ville.

Le beau Carlos, notre fier guide argentin

Avant d’illustrer cette visite, replaçons un peu quelques chiffres clefs concernant l’Argentine.
D’une superficie de 2,8 millions de km² (3700 km du Nord au Sud et 1400 km au plus large d’Est en Ouest), la population totale n’atteint pas encore les 40 millions d’individus (dont 13 millions dans le « grand Buenos Aires »). On parle exclusivement l’espagnol dans les 23 provinces et le district fédéral et 92% de la population est catholique et à 85% d’origine européenne. Pour plaisanter on dit qu’un argentin est un italien qui parle espagnol ! Les autochtones indiens ont été pratiquement tous décimés par les colons et il ne reste que 600 000 personnes de pure souche.

Buenos Aires, capitale fédérale de ce pays gigantesque, a longuement prétendu au titre de « Paris de l’hémisphère sud ». La ville fut fondée deux fois, en 1536 puis en 1580, vraisemblablement dans la zone de l’actuelle Plaza de Mayo, cœur historique de la cité. On peut y découvrir la Casa Rosada (siège de la présidence), l’ancien hôtel de ville et la Catedral Metropolitana. Dans ce dernier édifice, une chapelle latérale gardée par deux soldats en habits de parade, abrite la dépouille du général José de San Martin, le grand libérateur de l’Argentine.

La Casa Rosada sur la place de Mai

Le Cabildo, ancien hôtel de ville

Intérieur de la Catedral Metropolitana

Le mausolée de San Martin, père de l’indépendance

L’église des Franciscains, à un pâté de maison de la place de Mai

Notre déambulation nous conduit ensuite dans les quartiers les plus anciens de la ville, situés au Sud de la Plaza de Mayo. San Telmo d’abord, s’étirant autour de la Plaza Dorrego, avec ses « conventillos », immeubles de rapport aux logements exigus comme les cellules d’un couvent, qui ont été transformés en galeries d’art de nos jours. Ancien quartier riche (milieu du XIX ème), il se vida de ses habitants aristocratiques après la terrible épidémie de fièvre jaune de 1871.

Intérieur de l’un des plus célèbres bars de Buenos Aires sur la place Dorrego

Plus au sud, nous visitons ensuite le célèbre quartier de la Boca, la « Bouche », un ensemble qui doit son nom au fait qu’il est situé à l’embouchure du Rio Riachuelo, le premier port naturel de la ville et qui était le point d’arrivée des bateaux venant d’Europe avec leurs cargaisons de colons !
Le célèbre passage de El Caminito draine toujours autant la foule. Vendeurs de souvenirs, de bière et de parrilladas ont quelque peu perverti le charme de ce coin, d’autant qu’à quelques pâtés de maisons, des quantités de bidonvilles ont poussé dans des friches industrielles.

Le stade de Boca Junior

Quartier de la Boca, El Caminito et ses murs en tôles peints de couleurs vives

En remontant vers le Nord, nous passons par le nouveau quartier de Buenos Aires : Puerto Madero. Né de la nécessité d’avoir un vrai port lors du premier boom économique du pays, le projet d’Eduardo Madero voit le jour en 1887, pour être opérationnel 10 ans plus tard. Rapidement ce port sera inadapté (taille des bateaux), et en 1925 l’état construit le Puerto Nuevo, plus au Nord. Laissé à l’abandon, Puerto Madero (47ème quartier de la ville) est devenu le nouvel Eldorado immobilier de Buenos Aires. Entre rénovation des anciens docks (restaurants, appartements, lofts) et constructions hyper modernes, ce quartier a beaucoup d’allure. Les plus grands architectes et décorateurs (Norman Foster, Philippe Starck) y ont laissé leurs empreintes. Le quartier entier est dédié à la Femme. Tous les noms des rues portent des noms de femmes célèbres.

Le quartier de Puerto Madero avec le célèbre pont de la Femme, crée par Santiago Calatrava

Statue du célèbre Fangio, coureur automobile argentin

Pour terminer cette première découverte (nous aurons encore une grande journée à la fin de ce périple à Buenos Aires), nous irons dans le quartier de la Recoleta.
Après la terrible épidémie de 1871, les riches familles désertent le Sud de la ville et s’installent dans les nouveaux quartiers du Nord. Retiro et Recoleta prennent des allures de Paris haussmannien.  Un urbaniste, C. Thays, façonna le paysage urbain de cette zone. Grands espaces verts, collections de statues, hôtels particuliers … font de la Recoleta un quartier tout à fait particulier. Mais ce qui donne paradoxalement une âme spéciale à cet ensemble … provient du Cementerio !
Ville dans la ville, le plus ancien cimetière public de Buenos Aires permet d’assiter à une leçon d’histoire. Tout ce que le pays compte d’hommes d’état, de généraux, de présidents, musiciens, savants, héros de guerre … est enterré dans ces 6 hectares. Entre la fin du XIXème et les années 30, les plus grands architectes et artistes ont construits des mausolées splendides, du néo classique à l’Art Nouveau. Carlos, grand amateur de « petites histoires », nous en fera faire le tour, avec passage obligé devant le caveau de la famille Duarte où repose Evita Peron !

Ambiance dans le cimetière de la Recoleta

Le cimetière regorge d’œuvres d’art de tous les styles

Pour trouver le mausolée d’Evita Peron c’est simple … il faut chercher là où il y a un attroupement constant !

Fin de cette première journée de visite. Pour ma part, je laisse le groupe avec Carlos et je file à l’aéroport pour récupérer Catherine Michal, la représentante de Grands Reportages pour ce voyage, qui était restée bloquée à Madrid, suite à un problème technique sur son vol d’acheminement.

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