Gautier Renault créateur de nos voyages en Asie Centrale, en Inde et en Himalaya nous invite à lire le compte rendu de son voyage de reconnaissance dans une partie méconnue du Tibet : la région du Kham

Bonjour le Kham

Lorsque le mot Tibet résonne à nos oreilles, nous pensons bien souvent aux paysages désertiques des hauts plateaux de l’Himalaya, à Lhassa, à son Potala, ainsi qu’aux hauts sommets tels que l’Everest. Mais il existe un autre Tibet, devrais-je dire d’autres Tibet, et c’est là que je me suis rendu en ce début d’été 2018. Tout commence par Chengdu, porte d’entrée du Kham, de l’Amdo ou du Tibet Central (Lhassa). La mégalopole est à l’égard de la Chine en perpétuelle construction et jouit d’un développement exponentiel. Mais elle n’en est pas désagréable pour autant, avec son quartier tibétain, ses parcs ou ses monastères.
 

Chengdu

On y trouve aussi un parc réservé à l’animal emblématique de la Chine : le panda. Logés dans un écrin de verdure, ces mammifères s’exercent toute la journée… à manger paisiblement.

Chengdu panda

Pas de temps à perdre dès mon arrivée, même s’il pleut des cordes, j’en profite pour effectuer une visite des hôtels où nous logeons nos voyageurs. Les mots d’ordre sont authenticité, tranquillité et accessibilité. J’aime assez marcher dans ces rues animées, où comme les locaux, je peux déguster du poulet rôti, du calmar fris ou acheter des calligraphies, des éventails ou du thé vendu sous forme de galette.

Chengdu

Chengdu

Je dois aussi manger dans les restaurants que nous incluons à nos itinéraires pour vérifier la conformité des prestations. C’est une mission que j’apprécie : goûter aux spécificités locales dans ces ambiances particulières. Autant de points importants pour nous français, attachés comme nous le sommes à la gastronomie.

 

Chengdu repas


Le lendemain, me voici en partance pour les montagnes du Kham avec mon chauffeur Tashi et mon guide francophone Kunchok. J’avais rencontré ce dernier en France en décembre 2017 (il était venu avec d’autres guides tibétains pour apprendre le français et découvrir la France). Ses progrès sont spectaculaires au niveau de la prononciation et il a hâte de parcourir cette région intrigante en version francophone.

 

 

Région éloignée et préservée, plusieurs jours de route sont nécessaires pour rejoindre le cœur du Kham, entre les vallées de Mesho et la ville de Dergé. Se faisant, nous traversons des villages et des monastères flambants neufs accrochés aux flancs des montagnes. La révolution culturelle des années 60 en a détruit beaucoup mais aujourd’hui les moines sont autorisés à (re)bâtir leurs monastères. Ainsi une grotte ou une cahutte de pierre ayant abrité un grand maitre sont les « premières pierres » de ses ensembles majestueux. D’autres monastères ont résisté comme celui de Pelpung. Il a plus de 300 ans et est actuellement en rénovation. Ce qui n’empêche pas Nunchok de me conduire à travers les travaux pour découvrir un superbe panorama depuis le toit. Un moine nous ouvrira même les portes scellées de la grande salle. Moment précieux quand les lumières s’allument et illuminent les oripeaux accrochés au plafond, les tangkas murales et autres statues des Bouddha et boddhisattvas.

Kham monastère

Bhoudda monastère kham

De mon point de vue une visite de monastère est à la fois pareille et différente ! Le but pour moi est de capter l’essentiel afin de proposer des voyages qui permettent aux participants d’en apprendre à chaque visite sans tomber dans le rébarbatif, la monotonie ou s’adresser à des Docteurs ès bouddhisme tibétain. Par exemple, aller à la rencontre des artisans, comme ce graveur sur bois près du monastère de Pelyul, qui fournit les imprimeries alentours pour l’édition des mantras bouddhistes. Un travail d’une précision remarquable. De plus, notre guide local francophone facilite grandement nos discussions avec ces moines et ces professionnels toujours très accessibles.

 

atisans monastère kham

Autre point important de cette tournée au Kham, comme à Chengdu, vérifier les hébergements ! Point central d’un séjour, ceux-ci peuvent être rustiques ou de charme. Le Kham est une destination confidentielle et c’est une réelle plongée dans l’inconnu. Il me faut vérifier nombre d’hôtels et de guethouses pour m’assurer d’un niveau de qualité minimum. Il faut parfois faire preuve de compromis, car l’expérience du voyageur réside aussi dans la richesse des contacts et l’immersion dans la culture tibétaine. Il serait dommage de renoncer à une étape remarquable faute d’hébergements. Il s’agit bien de voyage d’aventure. C’est ce que je m’apprête à vivre dans la vallée de Meshö…

Une expérience chez l’habitant, quel moment enrichissant ! J’ai la chance de passer 2 nuits au sein d’une famille afin de découvrir leur habitat et leur mode de vie. Ici, les conditions d’hébergement ne correspondent pas à nos standards habituels mais cette immersion dans l’intimité de l’autre, cette atmosphère si différente de notre quotidien et les instants partagés sont tellement forts que ça en vaut vraiment la peine. Habituellement on se contente de sourire à des personnes sur le pas de leur porte et bien aujourd’hui on franchit cette porte d’un commun accord. 

 

chez l'habitant kham

Si les tibétains ont longtemps vécu isolés et sur un mode nomade, force est de constater qu’aujourd’hui les nombreuses routes bitumées, le développement des villes et du commerce ont changé la donne. Toutefois il reste des choses bien ancrées. Me voici accueilli dans une autre famille dans le village de Gyalgen, construit sur une pente douce au-dessus du monastère de Meshö. Le village n’est pas grand et l’atmosphère y est plutôt sereine. L’accueil commence par une traditionnelle tasse de thé. Au beurre ou salé, selon votre choix ! Le goût étant néanmoins assez spécial, et malgré mes origines bretonnes, j’opte poliment pour une tasse d’eau chaude, qui est servi avant de commencer n’importe quel repas. Ensuite, pas de raison de ne pas mettre la main à la pâte et d’aider à la préparation du repas !

 

La découverte continue grâce à notre jeep. Entre autres sites naturels plus beaux les uns que les autres, je ne peux omettre le lac Yilhun Lhatso, magnifique avec sa couleur turquoise, coincé au pied des montagnes glacières. De plus, je tombe par hasard sur un festival avec des chevaux. Pas de courses mais des offrandes et une grande bénédiction avec les lamas ; le genre de surprise agréable et pas rare au cours d’un voyage !

 

lac lac Yilhun Lhatso kham

festival cavalier kham

Je suis maintenant au nord du Kham, près à basculer dans l’autre région tibétaine de mon voyage : l’Amdo. Je remercie Tashi et Nunchok et leur dis à très bientôt. Je ne doute pas que cet itinéraire plaira aux futurs voyageurs de Tirawa !


La suite de ce voyage de reconnaissance au Tibet se poursuit ici avec la découverte de la région de l'Amdo ! Et bien entendu pour retrouver tous nos voyages au Tibet c’est par là