Un grand merci à Marie pour son superbe témoignage suite à son voyage au Japon !

Pourquoi le Japon ?

J’ai toujours rêvé de pays lointains et de voyages et, à l’instar de Gérard de Nerval, j’ai, d’une certaine façon, souvent voyagé pour « vérifier mes rêves », ceux peuplés de lieux mythiques (Machu Picchu, Persépolis, pour ne citer qu’eux), des rêves de terres du bout du monde, des rêves de déserts de sable ou de glace ... J’ai eu la chance de pouvoir en réaliser certains...

Les livres ont toujours précédé, accompagné ou prolongé mes voyages : j’ai eu ainsi mes périodes latino-américaine, chinoise, orientale, écrits de grands voyageurs...

Mais il est un petit livre, lecture de mes jeunes années, - que beaucoup jugeront, tout comme moi maintenant, désuet - et qui a, un jour, refait surface du fond de ma mémoire, un petit goût d’enfance retrouvée : « J’irai à Nagasaki » de P.J. Bozon ...

Un petit caillou qui a ouvert la porte à bien d’autres : les haïkus poétiques de Basho, Issa, Soseki, les écrits puissants d’un Kawabata et d’un Mishima, les mots, porteurs de silence et d’étirement du temps, de Yoko Ogawa, l’imaginaire de Murakami ...

Après cette introduction, pas besoin donc de disserter plus longuement sur mon « Pourquoi le Japon ? » !

Certes, Tirawa n’a pas réalisé mon rêve d’enfant d’aller à Nagasaki ! Mais j’ai pu vivre là-bas des moments inoubliables, ou plutôt quelques parcelles d’éternité :

  • la tradition ancestrale d’ « Hanami » que les japonais célèbrent  en se réunissant en famille ou avec des amis, dans les parcs et jardins, sous les cerisiers en fleurs, pour les contempler tout simplement. Et ces fleurs de « sakuras », fragiles et éphémères, sont là pour nous rappeler l’impermanence des choses, la fragilité de l’existence.

A admirer, notamment à Tokyo, près des  douves Chidorigafuchi, près du Palais Impérial et au Shinjuku Gyoen garden, ou encore à Kyoto, sur le chemin des philosophes  ...

 

  • la simplicité poétique et l’esthétique des « jardins secs » ( cet art de ratisser des vagues de petits cailloux symbolisant nuages et mers  d’où émergent des rochers-montagnes et des rochers-îles ), des « jardins de mousse » ( voyez comme elle adoucit les courbes de la pierre qu’elle colonise),  de la bambouseraie du temple Hokoku-ji à Kamakura ... ou encore se perdre dans les allées de la nécropole d’Okuno-in (de nuit comme de jour : pas morbide du tout !) : autant de lieux propices pour capter l’invisible, se sentir en communion avec l’indicible, écouter le silence et apprendre à se taire ... Le temps s’est, pour moi,  souvent arrêté en ces lieux magiques ...

 

 

 

  • les couleurs chatoyantes des costumes traditionnels, parfois encore portés, ou ceux, sortis d’un autre âge, des cérémonies de mariage

 

 

  • un aveu ! Je n’aime pas la cuisine japonaise (honte à moi !) ... mais je l’ai, à chaque fois, « dégustée » avec les yeux : des créations pleines de poésie, un sens du détail propice à l’  émotion esthétique, au premier abord  pour le plaisir des yeux ...

  

 

 

Bien sûr, il y a plein d’autres « Japon »... Osez le Japon !

Vous y trouverez sûrement le vôtre, celui qui fera de votre voyage un souvenir inoubliable, l’approche d’une culture à des lieux de la nôtre, mais ô combien riche, l’envie de prolonger ce voyage par la découverte de sa littérature, de ses arts  ... La différence des autres nous enrichit nous-mêmes ...

 

Marie CHARRAS