Le voyageur curieux, en quête de sagesse et d’ailleurs, s’intéresse souvent au Bhoutan. Blotti entre forêts verdoyantes et géants himalayens ce pays est un rêve qui, aujourd’hui plus que jamais, peut devenir réalité pour bon nombre de voyageurs.
En bientôt vingt ans, Tirawa est devenu LE spécialiste français de ce petit royaume paisible de l’Himalaya. Notre équipe partage sa passion pour ce pays unique à la population attachante. Le premier passionné d’entre eux, Robert Dompnier, co-fondateur de Tirawa et auteur de plusieurs ouvrages sur ce pays, guide chaque année de nombreux petits groupes de voyageurs. Il revient pour nous sur ses trente années de périples et de découvertes.

Pourquoi le voyageur aime-t-il le Bhoutan avec Tirawa ?

Robert Dompnier : " Ma réponse peut paraitre un peu prétentieuse mais lorsqu’on regarde objectivement l’offre globale proposée par l’ensemble des tours opérateurs français pour le Bhoutan, on se rend compte que Tirawa est le seul à mettre vraiment en avant ce pays. Je m’explique. Nous ne nous contentons pas de proposer les sites majeurs à travers un ou deux voyages, nous allons bien au-delà. Notre programmation est extrêmement riche et amène le voyageur à se questionner et à en apprendre plus sur les coutumes de ce pays, sa religion, son architecture, et son mode de vie. Si vous partez avec moi sur le voyage Traditions du Bhoutan vous assisterez même à un festival de danses sacrées privé… Bien entendu, nous sommes arrivés à ce niveau de connaissance grâce à nos nombreux séjours sur place. Mais parlons plutôt du Bhoutan et de ce qui fait qu’on ne se lasse jamais d’y aller ."


Très bien, alors pourquoi le Bhoutan ?

Robert Dompnier : " Ce pays est unique. Il n’a jamais été envahi et a ainsi su préserver ses richesses tant culturelles que naturelles. Peu de gens le savent mais le Bhoutan compte près de 70% de son territoire occupé par une nature extrêmement variée. Une jungle exubérante au sud laisse petit à petit la place aux feuillus. Ces derniers s’effacent au profit de belles forêts de résineux qui se changent en un monde de roches, de neige et de glace plus on gagne en altitude. J’ouvre une parenthèse, c’est un terrain de jeu qu’affectionnent d’ailleurs les trekkeurs, notamment avec le trek réputé le plus dur au monde : le snowman trek ! Fin de la parenthèse.

Bien entendu, les montagnes sont colossales mais elle ne constituent pas l'essentiel des paysages. La nature est très importante pour les Bhoutanais, leur rapport à elle et leur respect est vraiment intéressant. D’ailleurs 30% de son territoire est occupé par des parcs nationaux et autres sanctuaires de protections de la faune (tigres, rhinocéros, grues, langurs, takins…)  et de la flore.


Evidemment, la population bhoutanaise n’est pas étrangère à l’attraction que ce pays exerce sur les voyageurs. Ainsi, on qualifie à juste titre le Bhoutan de pays « hors du temps » ou « aux traditions préservées » mais la réalité est bien plus complexe. Le Bhoutan est aussi très moderne par certains aspects, extra-religieux, notamment. Je ne parle pas la capacité d’acquisition de biens de consommation des Bhoutanais, même si c’est à cela qu’on juge aujourd’hui la modernité. Je vous parle d’un état d’esprit, et d’une réflexion initiée dès les années 70 par, excusez du peu, le roi du Bhoutan himself, HM Jigme Singye Wangchuck. On parlait déjà de PIB pour mesurer et comparer les pays entre eux. Les Bhoutanais se sont posés la question essentielle de la place de l’individu dans ces chiffres. Le concept du BNB : Bonheur National Brut est né en 1974. Le Bhoutan n’est pas un pays riche, mais il l’est pourtant tellement ! Dans notre monde occidental on s’interroge sur la place de l’humain, son bien-être et son environnement en se questionnant sur notre mode de vie économique comme écologique. Le Bhoutan a suivi son idée première et son système politique, économique et environnemental en a découlé. L’éducation et la santé sont gratuites pour les bhoutanais et vous serez sans doute surpris d’apprendre que le Bhoutan est indépendant énergiquement grâce à sa production d’énergie hydro-électrique. Le développement durable est également au cœur de sa stratégie de développement... Sans angélisme, si ça ce n’est pas de la modernité !

Evidemment, les traditions séculaires toujours ancrées sont garantes de l’équilibre du Bhoutan. Ainsi la majorité de la population pratique un bouddhisme lamaïque hérité du voisin tibétain. De nombreuses manifestations et festivals rythment ainsi la vie des provinces. Tirawa a d’ailleurs été le premier tour opérateur à conduire des voyageurs au cœur de ces évènements majeurs de la vie des Bhoutanais. Toujours très impressionnants en explosion de couleurs, de solennité, de parfums, de chants, de rencontres, ses festivals sont aussi de grands moments d’échanges et de partage avec les bhoutanais. Et oui, on trinque, on rit et on mange à leur table, en toute simplicité et c’est cela qui plait beaucoup. Les danses sacrées, prosternation devant des thangkhas et autres purifications par le feu permettent aussi de se sensibiliser au panthéon des divinités bouddhistes et à sa mythologie florissante.

C’est aussi l’occasion pour les bhoutanais de se mettre sur leur 31… et pour nous d’admirer leurs toilettes soignées et ce magnifique travail de tissage, une autre spécialité du Bhoutan. Selon les régions, les motifs et la matière première diffèrent. Coton, laine ou soie sur soie, les motifs et les couleurs témoignent de ces réalisations exceptionnelles.

 

Qui sait ? Peut-être adopterez-vous le Gho ou la Kira (habit traditionnel respectivement pour les hommes et les femmes) en rentrant en France.


Plus sérieusement, les voyageurs apprécient également l’architecture du Bhoutan. Contrairement à l’Inde ou au Népal aux architectures hétérogènes, le royaume dispose d’une architecture uniforme composée des matières premières locales que sont la pierre, l’argile et le bois. Les maisons sont donc très souvent décorées avec des fleurs, des lions de neiges ou des phallus… il va falloir venir au Bhoutan pour découvrir la signification de ce dernier ornement plutôt surprenant.


On croise également de nombreuses forteresses appelées « dzong » qui centralisent à la fois les pouvoirs administratifs et religieux, des monastères accueillants, des chortens ou des ponts. Ces édifices utilisent différentes techniques de construction selon l’époque et le lieu. Les ponts les plus beaux sont en porte-à-faux et surplombés d’une galerie de bois sculpté. D’autres, suspendus sur chaines, enjambent des rivières tumultueuses et datent pour certains du XVème siècle. Les Tibétains et les Bhoutanais revendiquent la paternité de cette invention plus pratique qu’esthétique."

 

Un voyage au Bhoutan est souvent cher, pourquoi ?

Robert Dompnier : " En effet, il y a des destinations moins onéreuses. Pour être honnête cela fait partie de la stratégie de développement de ce pays. Il a choisi une ouverture au tourisme raisonnée et durable et il s’agit tout de même de la seconde source de revenus du pays. Le gouvernement bhoutanais n’a pas envie de laisser cette partie de l’économie aux investisseurs privés et étrangers, contrairement à d’autres pays. Il ne souhaite pas attirer des masses de touristes mais des plus petites quantités qui dépensent plus. Petit pays, il n’en aurait de toutes façons ni la capacité, ni les infrastructures à moins de renier ses choix en matière de protection de l’environnement… mais si ses paysages sont détruits et sa culture "délavée" que viendrions-nous découvrir ?  En d’autres termes le tourisme au Bhoutan est l’affaire de l’Etat qui choisit de réguler le nombre de visiteurs par un prix minimum à dépenser quotidiennement dans le pays et auprès d’agences locales sérieuses et accréditées. C’est leur modèle et on se doit de le respecter. Le Bhoutan veut maitriser le tourisme d’autant que les revenus ainsi générés lui permettent des investissements réels pour sa propre population (éducation et santé gratuites, transports…). Un cercle vertueux en somme.


Il est vrai que le Bhoutan n'est pas accessible à tous, et je le déplore tant ce pays a de choses à apporter à tout un chacun. Mon conseil à ceux qui auront l'opportunité d'y partir est d'y rester le plus longtemps possible pour en saisir toutes les saveurs ! Voilà toutes les raisons d’effectuer un (ou plusieurs !) voyages au Bhoutan ! Ce pays a tant de spécificités. Pour moi c’est toujours le même plaisir de retrouver mes amis bhoutanais, de l’éleveur de yack à la Famille royale !

D'ailleurs, voici en exclusivité un cliché, du roi et de la reine du Bhoutan, pris en novembre dernier au Palais Royal de Thimphu.

 

Qu'on se le dise, le Bhoutan, même pour le globetrotteur averti, est très souvent un voyage qui marque une vie."