Notre guide Alain Lenfant nous livre son retour d'expérience sur le Trek « Au cœur du Pamir » en Kirghizie qu'il a eu l'immense plaisir d'encadrer au mois d'août.

Pour la troisième année consécutive, j’ai le plaisir d’encadrer avec Murat, guide interprète Kirghize francophone, ce fabuleux trek au coeur du Pamir hors sentiers battus situé dans le sud-ouest de la Kirghizie.

Petite paranthèse, on peut dire Kirghizistan, Kirghizie ou Kirghizstan....

Avec Murat au col de Sary Mogol (4270 m)
Avec Murat, nous associons nos compétences pour conduire quotidiennement notre « petite caravane » à travers les vallées, cols et sommets de deux massifs distincts : la chaîne de l’Alaï puis, après un court transfert en 4X4, le massif du Pamir Alaï dominé par le Pic Lénine (7134m).  Ce dernier massif est le chainon le plus septentrional de la vaste région des Pamirs qui débute aux confins du Tadjikistan et de l’Afganistan.

Pic Lenine

Seize jours de marche en autonomie avec seulement deux points de ravitaillement, ça ne s’improvise pas !

Cette année :

  • 4 cavaliers,
  • 8 chevaux,
  • 1 cook,
  • 1 assistant cook ont assuré le transport des bagages et la cuisine pour l’équipe
  • Murat et moi-même
  • et bien sûr 7 voyageurs Tirawa partants pour cette aventure…

L'équipe

De nombreuses étapes se situent entre 3500 et 4000 m d’altitude ; avec des cols et quelques sommets (facultatifs) qui culminent entre 4200 et 4800m. Le tracé est volontairement très progressif pour favoriser une acclimatation optimale des organisme à l’altitude.

Vastes pâturages où vivent sous yourtes des familles d’éleveurs durant l’été ; imposants sommets glaciaires du Pamir, canyons aux sculptures excentriques qu’il nous faut franchir en sandales ou à cheval, roches aux couleurs variées liées à une géologie complexe,  passage de cols un peu « dré dans le pentu »,… cet itinéraire est d’une variété exceptionnelle vous l’avez compris !

Ambiance Kirghize

Nomade, une partie de la population l’était jadis. Dans les années 30, les Soviétiques ont mené une politique de sédentarisation en construisant des villages et de grandes fermes d’état. Aujourd’hui, la yourte (« boz üy » en Kirghize qui signifie « maison grise » car recouverte de feutre gris) n’est installée dans les pâturages que durant la saison de transhumance. Elle est ensuite démontée et stockée au village.

Petite maison dans la prairie

Une journée type se déroule comme suit : nous nous levons vers 6h30. Pliage des tentes. Petit déjeuner copieux à 7h : thé, café, pain (« naan » en Kirghize), miel, crêpes, porridge…

Naan

Départ des marcheurs vers 8h tandis que les cavaliers et l’équipe de cuisine finissent de ranger le camp et chargent les chevaux.

Camp de Kochkol

Pause repas et sieste bien sûr à la mi-journée. Les pique-niques sont composés de pain, saucisson hallal, thon, fromage, yaourts, fruits, café ou thé.

A table !

Selon les étapes, un arrêt - ou deux - dans une yourte est l’occasion de partager le thé « taï » et de déguster les produits laitiers fraîchement élaborés : crème fraîche, yaourt « airam » voire du « koumis »  pour les plus curieux (lait de jument fermenté très populaire). Ces moments sont un pur bonheur pour nous mais aussi pour les familles d’éleveurs qui nous accueillent spontanément. «une porte de yourte est toujours ouverte au passant » selon la tradition Kirghize…

Convivialité

Nous sommes bien souvent les seuls voyageurs étrangers à passer dans ces pâturages d’altitude alors la curiosité est réciproque. D’une année sur l’autre, j’apporte les photos imprimées des personnes rencontrées alors… seconde tournée de thé assurée !

Nous arrivons au camp vers 16/17h. Les critères de choix du lieu de ce dernier sont : paysage idyllique, eau et herbe pour les chevaux.  Après une petite collation, nous montons les tentes puis chacun vaque à ses occupations (repos, toilette dans le torrent ou la bassine d’eau chaude, photo,…).

Lac de Kaman

Une partie de frisbee avec les cavaliers, une petite balade à cheval pour les volontaires ou bien de jolies démonstrations de jeux équestres ponctuent agréablement certaines soirées…

Dîner le soir vers 19h dans la tente mess avec une bonne soupe aux légumes, viande de mouton ou de bœuf, légumes, féculents et fruits. Un petit apéro à base de vodka - ancienne république Soviétique oblige - n’est pas exclu !

Mes plus beaux moments ? Un thé réconfortant dans l’ambiance feutrée d’une yourte alors que nous venons d’essuyer un bon orage ; la fierté d’un berger coiffé de son « kalpak » (chapeau traditionnel haut de forme en feutre) qui nous salue du haut de son cheval ; le lever de soleil sur le pic Lénine depuis le camp 1 (4400m) ; l’ambiance paisible de la plupart des lieux traversés.

Glacier et Pic Lénine

Passage de gué

Pour conclure, je citerai le retour d’une cliente qui a une grande et longue expérience des treks aux longs cours : « j’ai retrouvé tout au long de ce périple l’ambiance des treks d’il y a 30 ans. Peu de circuits aujourd’hui offrent de telles rencontres authentiques.... ».

Jeune nomade

Alain LENFANT