Julien, créateur de voyages en Patagonie, chilienne ou argentine, déclare sa flamme à la région de la Terre de Feu et aux territoires patagons !

En Argentine ou au Chili, en trek immergé dans une nature omniprésente à la fois belle et tourmentée ou en version plus confortable et moins sportive, la Patagonie est un bien beau terrain de jeu. Osez découvrir ce monde du bout du monde !
 

 


  Julien Freidel, créateur de voyages en Patagonie.

 

Julien, pourquoi la Patagonie ?
 

Evidemment, il y a d’abord la beauté du décor. Sa localisation, très au sud du continent, fait que tous les paysages se mélangent dans une unité de lieu rare ailleurs : forêts primaires, prairies sans fin, lacs gigantesques, glaciers achevant leur course dans les eaux du Pacifique ou une lagune et montagnes souvent altières, aux faces verticales de granit. Et puis, ce monde presque vide d’hommes est l’occasion d’une rencontre avec une faune riche, abondante et largement indifférente à l’homme. Chaque balade ou randonnée est l’occasion d’observer renards, guanacos (camélidés sauvages), nandus (autruches de l’hémisphère sud), castors tandis que dans le ciel vole le majestueux condor.

Comme deux de nos groupes l’année dernière, un voyageur chanceux pourra même apercevoir le puma, discret seigneur des lieux. En bateau, c’est le monde des mammifères et des oiseaux marins qui est approché : lions de mer, manchots de Magellan, orques et baleines (sur la péninsule de Valdès). Mais au-delà, comme l’île de Pâques ou les Galapagos, la Patagonie fait partie de ces rares lieux détachés du ou des pays auxquels ils appartiennent. C’est un monde en soi, clos, qui se suffit à lui-même et offre une expérience singulière. L’attirance vient de la démesure des paysages, de l’espace sans fin, de la rencontre avec une nature originelle où l’homme est encore soumis aux dures lois naturelles. Ici, la poussière des pistes, le souffle du vent et les caprices du ciel sont les maîtres. C’est cette confrontation avec une nature âpre que l’on vient – je crois - plus ou moins consciemment chercher.
 

Lion de mer Patagonie
Pingouins Patagonie

voyage Patagonie


Parmi les voyages que tu as créé, lesquels conseilles-tu le plus volontiers ?
 

C'est une question à laquelle il est difficile de répondre, car selon le profil et les attentes du voyageur je ne conseille pas le même voyage... En voici deux à l'approche totalement différente :

Le premier s'intitule Balade en Patagonie et permet de se frotter à la rudesse de cette région dans une version confortable. En 17 jours, il dresse un panorama exhaustif des hauts-lieux comme Torres del Paine, le parc national des Glaciers, le glacier Perito Moreno, la Terre de Feu et pour finir Ushuaïa, la ville la plus australe du monde. Une nuit dans une estancia pour aborder la vie du gaucho, conquérant de ces terres inhospitalières à la grande époque de l’élevage du mouton complète la découverte. Pour finir, puisque la Patagonie se partage entre Chili et Argentine, une visite de Buenos Aires, la plus européenne des capitales tropicales, s'achève par un dîner spectacle de tango. 

 

Glacier Patagonie Perito Moreno
tango

 

Le second, Grands Treks en Patagonie est un voyage exclusif, fruit de nos reconnaissances nombreuses, qui assemble les plus spectaculaires régions de trek de Patagonie. En plus des incontournables parcs nationaux de Torres del Paine et des Glaciers, ce programme vous invite à parcourir la Patagonie septentrionale, qui s’étire le long du champ de glace nord (campo de hielo norte). Marcher entre le San Valentin et le Cerro San Lorenzo donne l’impression de revenir aux temps des pionniers. Ici, vous serez seuls. Les chemins sont rares et les gauchos encore maîtres de l’espace. Dernière originalité, les déplacements, en bateau sur les lacs ou le long de la mythique « Carretera Australe », piste sauvage qui trace sa voie à travers la Patagonie toujours plus au sud. Un voyage rare !


Voyage Patagonie


As-tu un souvenir marquant de tes voyages en Patagonie ?
 

Oui, bien sûr, j'en ai même deux qui me viennent en tête ! Deux facettes de l’expérience patagone, l'une humaine et l'autre contemplative.
 

D’abord, c'est une rencontre, d'autant plus belle car fortuite et inattendue... Ce matin, une piste sinueuse et chaotique nous dépose aux portes d’une hacienda, point de départ de notre trek pour rejoindre le camp de base du San Lorenzo. Un temps maussade nous accompagne et les sommets sont cachés dans les nuages. L’ambiance est morose lorsqu’on salue le gaucho sur les terres duquel se déroule notre randonnée. Il nous invite à s’abriter chez lui. Assis sur des peaux de mouton, on savoure la chaleur de la salle à manger, chauffée par un vieux poêle toujours allumé. Le temps passe en discussions sur la vie d’ici et celle des gens de passage, venus le plus souvent tenter l’ascension du San Lorenzo. Dehors, la pluie tombe, drue et froide et l’on redoute de sortir. Finalement, le gaucho nous propose de manger avec lui. Il sort un plat du four, rempli de morceaux de moutons. La peau est croustillante, le jus colle aux doigts et la chair savoureuse. Un délice. Pour l’accompagner, nous débouchons les bouteilles de vin qu’on avait réservées pour les jours suivants. Le temps passe, on oublie la pluie qui tombe légèrement engourdis par la tiédeur et le vin. On est juste bien, en bonne compagnie, assis dans cette pièce rustique, sans confort mais si chaleureuse. Les heures tournent, une timide éclaircie arrive, il est temps de partir car plusieurs heures de marche nous attendent avant de rejoindre le refuge du soir. Heureusement, les soirées sont longues dans l’été austral alors une journée de randonnée peut bien démarrer dans l’après-midi lorsqu’ailleurs elle se termine. Il faut savoir prendre le temps et saisir les belles occasions d'échanges qui se profilent même lorsqu'on est tenu par un itinéraire, non ?



Camp base san Lorenzo
gaucho Patagonie


Mon autre bon souvenir commence au bord du lac Leones. La veille, nous avions vécu une journée typique de Patagonie pour rejoindre, via la carretera australe, notre camp sur les rives de ce fameux lac. Une fois admiré le spectacle des langues glacières coulant du champ de glace nord pour finir leurs courses dans les eaux turquoise de la lagune, il nous restait à traverser la sauvage rivière sortant du lac en tyrolienne. Le camp était installé à proximité. Le lendemain, un ciel bleu et une absence totale de vent laissent augurer une splendide journée. Cela tombe bien car le programme est d’approcher au plus près les hauts sommets montant la garde sur le bord oriental de la calotte glacière. Nous traverserons en une journée tous les paysages qu’offre la Patagonie. D’abord, un étroit sentier peine à se faufiler dans une forêt dense, habitée de grands arbres où cascade une multitude de ruisseaux. On gagne l’étage alpin avec ses pelouse rases, ses chaos de blocs et ses lagunes peu profondes. La vue s’ouvre sur un panorama saisissant. Au loin, le triangle neigeux du San Valentin, plus haut sommet de Patagonie, se dévoile. De petites falaises de granit rose obligent à sortir les mains et à faire preuve d’intuition pour trouver le passage facile. Depuis longtemps, tout chemin a disparu, on marche sur la peau de la terre. Il ne nous reste plus qu’à traverser un long plateau neigeux pour atteindre une pointe granitique, fantastique promontoire sur le paysage environnant. Face à nous, un ensemble de hauts pic sombres, fichés dans une mer de glace qui dévale par des langues glacières jusqu’au lac Leones d’un vert laiteux. On n’a rencontré personne en chemin et nulle trace d’un passage humain sur ce sommet. On a l’illusion d’être les premiers à fouler ce sommet. J’ai la sensation immédiate d’avoir fait l’une des plus belles randonnées de ma vie par la beauté des paysages bien sûr mais surtout pour cette puissante sensation de sauvagerie qui se détache de ces lieux. Les regards de mes camarades valident ma pensée et après un long moment de contemplation et de silence, il est temps de redescendre.



Il y a donc plusieurs façons d'aborder ces terres australes et aucune n'est meilleure que l'autre. L'important pour qui aime le voyage : les comtempler au moins une fois dans sa vie.


Pour aller plus loin :
 

> TOUS NOS RÉCITS DE VOYAGES EN PATAGONIE
> TOUS NOS VOYAGES EN PATAGONIE