Des Pueblos Mancomunados à Mitla

Nous quittons la chaleur d’Oaxaca pour la fraîcheur de la Sierra qui domine la vallée.  Avant cela, un petit stop dans la petite ville de Tlacolula nous permet de faire quelques achats indispensables à la bonne suite de ce voyage, en particulier des sauterelles grillées, la spécialité de la région.

Un grand mur peint en l’honneur de Benito Juarez, un indien zapotèque né dans la région et qui fut au pouvoir entre 1854 et 1876

Marché de Tlacolula

La grande spécialité locale : les sauterelles grillées

Au village de montagne de Llano Grande, nous sommes à 3100 mètres d’altitude.  Regroupés sous le nom de Pueblos Mancomundos, un ensemble de 8 villages peuplés par des zapotèques, dont fait partie Llano Grande, offrent de belles randonnées sur les hauts plateaux densément boisés de la Sierra Norte. Depuis des siècles, ces villages mettent en commun les ressources naturelles de leur territoire et partagent les profits générés par l’exploitation forestière. Pour freiner et éviter l’exode rurale, ces communautés se tournent vers l’écotourisme. Guides locaux, sentiers bien entretenus, chalets … forment un ensemble de prestations qui permettent de découvrir leur environnement.

Rafael nous explique les actions menées dans la région devant une carte des Pueblos Mancomunados

Randonnée au dessus de Llano Grande

Des agaves géantes (Maguey Espadin) se partagent les pentes des collines

Un des chalets servant d’hébergement à Llano Grande

Nous devions faire deux randonnées dans ce secteur… mais une dépression très active localisée dans le golfe du Mexique nous envoie pluie, grêle et froid ! Changement de plan, nous redescendons dans la vallée où très rapidement la chaleur et le ciel bleu reviennent. Premier stop au village de Santa Ana. Il devait y avoir un marché aujourd’hui… mais dans les ruelles désertes, un passant nous indique que le village entier est parti manifester à Oaxaca contre la réforme de l’éducation ! Comme quoi « dégraisser le Mammouth », comme l’avait suggéré un ancien ministre de l’éducation français, n’est jamais simple ! Ce passant, qui est un artisan tisserand, nous invite à visiter son atelier. Travail en famille pour élaborer  des pièces au design traditionnel zapotèque.

 L’atelier de Mauricio

Mauricio et sa mère nous présentent un tapis traditionnel zapotèque

A défaut de randonnée, nous poursuivons jusqu’au site de Mitla. L’ancienne Lyobaa, lieu de repos chez les Zapotèques, fut rebaptisée Mictlan par les Aztèques (lieu des morts en nahuatl). Les conquérants espagnols ont en partie détruit ce lieu et ont érigé leur lieu de culte à l’emplacement des sites sacrés de leurs prédécesseurs. Les dômes rouges de l’église San Pablo Apostol contrastent avec les frises ornementales des anciens bâtiments zapotèques. Ces frises, nommées « grecques », forment des motifs géométriques qui rappellent des éléments que l’on trouve sur des anciens temples grecs.

L’église San Pablo Apostol domine une partie des ruines de Mitla

Détails de frises « grecques »

 Le « Groupo de las Columnas », la pièce maîtresse du site de Mitla

La « Salon de las Columnas »

Le « Patio de las Grecas »

En rentrant à Oaxaca, petit arrêt dans une fabrique de mezcal. La vallée de Mitla est un centre important pour la fabrique de cette boisson nationale, tirée en grande partie de l’agave Maguey. Comme le dit le diction mexicain « Para todo mal, mezcal… Paro todo bien tambien » ce qui se traduit par « si cela va mal, du mezcal… et si cela va bien, du mezcal aussi ! ».

Rafael s’est converti en représentant de mezcal…

Le processus de fabrication du mezcal, une seule distillation à partir d’agaves qui ont au moins 10 ans

Dans cette distillerie, 10 agaves différentes sont assemblées pour produire un mezcal de qualité supérieure

De retour à Oaxaca, un petit tour au marché, entre autre dans le quartier des « comedors », les petits restaurants qui servent des spécialités locales