Xalapa

Xalapa, orthographe à l’ancienne de Jalapa, signifie la « ville de l’eau sur le sable ». C’est surtout actuellement une ville étudiante au climat tempéré, entourée de plantations de café enveloppées de brume. C’est aussi la capitale de l’état de Veracruz, et elle a récemment fait parler d’elle pour un fait divers que seul le Mexique est capable de produire. En effet, voici quelques mois, le gouverneur de l’état, le Mexique étant une fédération de provinces plus ou moins autonomes, s’est sauvé avec la caisse. Personne ne sait où il est, mais, entre cash et transferts bancaires dans des paradis fiscaux… il a laissé cette partie du pays sans le sou !

Ce matin, départ pour le musée d’anthropologie de Xalapa, également appelé le MAX. C’est le deuxième plus grand musée de ce type au Mexique, derrière l’immense Musée National d’Anthropologie de Mexico. Inauguré en 1986, il dépend de l’Université de Veracruz. Ce chef d’œuvre moderne reprend la configuration en terrasse de la ville et compte neuf plates-formes étagées et encadrées de jardins. Sa collection est consacrée aux trois principales cultures indigènes de l’Etat : les Huastèques, les Totonaques et les Olmèques.

La Cabeza 8 nous accueille dans l’entrée du MAX. 17 grosses têtes Olmèques ont été découvertes au Mexique. Xalapa en possède 7

« El Profesor » Rafael nous explique la chronologie de ces civilisations. Le musée est extrêmement bien. Peu de pièces sont exposées (il y en a pourtant 27 000 dans les réserves)

Les Olmèques, voici 3000 ans, maitrisaient parfaitement la sculpture sur pierre

La Cabeza 1, dite El Rey. Mise à jour en 1945, cette imposante tête de chef guerrier en basalte, possède ce léger strabisme commun à la plupart de ses semblables

El Senor del Monte (650-250 av J.C.) reflète un style épuré, presque moderne

Le Senor de las Limas, une des pièces maîtresse de ce musée. C’est un personnage taillé dans une pierre verte, couvert de tatouages et portant un bébé aux traits de félins

Vase de l’époque Olmèque

Les Olmèques excellaient dans la fabrication de masques en pierre

Huehueteotl, le vieux dieu du feu

Statue en terre de l’époque Totonaque

Architecture du MAX. Une grande galerie qui épouse la configuration du terrain et qui dessert 6 grandes salles fermées et 3 patios ouverts

Le musée est bordé d’un magnifique jardin

Homme et jaguar. Statue de l’époque Huastèque

 Après 3h30 de visite, direction le centre de la ville qui s’articule autour du Parque Juarez. Les pouvoirs, religieux et politiques se concentrent comme d’habitude autour de la place centrale de la ville. La cathédrale a subit beaucoup d’aléas dans sa vie. L’avant du bâtiment s’est d’abord complètement affaissé… résultat, lorsque l’on est dans la nef, il faut monter vers l’autel. Puis, dans les années 1920, au plus fort de la guerre des Cristeros, alors que le gouvernement d’Obregon se caractérisait par une politique anticléricale d’une grande violence, plusieurs bombes ont explosé à l’intérieur, détruisant le décor baroque et les vitraux.

La nef… en pente !

Faisant face à cette cathédrale, le siège du gouvernement local, orphelin depuis la fuite de son dirigeant corrompu jusqu’à la moelle ! A l’intérieur et sous le porche d’entrée, de très belles peintures murales parlent de révolution !

Le Palacio del Gobierno

A l’intérieur du Palacio, une fresque de Rivera en l’honneur de Benito Juarez, considéré comme l’artisan de la modernisation libérale du Mexique

Sous le porche d’entrée, des fresques de Melchior Peredo portent le nom de « Una Revolucion Continua »

Sur l’un des côtés du Parque Juarez, le Palacio Municipal

En fin d’après-midi, route pour la petite ville de Huamantla, située au pied du volcan Malinche. Cette petite ville se blottit autour de sa place d’armes. Palacio Municipal, centre culturel, couvent franciscain et cathédrale se répartissent l’espace avec des terrasses de café !

Le Palacio Municipal de Huamantla

La Cathédrale San Luis Obispo

Intérieur baroque de San Luis Obispo

Intérieur de l’église du couvent franciscain de San Luis