Au royaume du Bhoutan, terre du Dragon Tonnerre

Aujourd’hui j’ai envie de vous parler d’un pays cher à Tirawa, dont tout voyageur a entendu parler et qui suscite beaucoup d’intérêt : le Bhoutan.


Niché au cœur de l’Himalaya, entre les géants que sont la Chine et l’Inde, il est connu avant tout pour le BNB, le Bonheur National Brut... Et cela se ressent immédiatement. Pour le voyageur novice, les premiers instants permettent de ressentir une sérénité et un respect sincère. Pour le voyageur confirmé, c’est un sentiment de bienvenu chez soi qui domine. Cela commence par un accueil des plus chaleureux, avec un sourire jusqu’aux oreilles de la part de mon guide Sonam. 


En arrivant à Paro, l’une des plus grandes villes du pays, le temps s’arrête et j’observe posément la vie quotidienne des bhoutanais tels ces jeunes jouant au khuru (flechettes).


Lorsqu'on évoque le Bhoutan, on pense indéniablement aux dzongs, tel celui de Paro. Ces forteresses sont divisées entre une partie monastère et une partie administrative. Le pouvoir est bicéphale au Bhoutan. Elles sont remarquablement conservées et impressionnantes de par leurs dimensions. Nous y croisons des moines vacants à leurs occupations.
 

Voici d’ailleurs une de leur journée type : 

  • 5h10 : prières du matin.
  • 6h : études personnelles.
  • 7h : thé et riz pour le petit déjeuner.
  • 8h à midi : travaux au sein du monastère ou leçons.
  • Midi : déjeuner avec riz, légumes et piment.
  • 13h à 17h : travaux au sein du monastère ou leçons.
  • 17h30 : prières.
  • 18h : diner.
  • 19h à 21h : études personnelles ou leçons.


Nous sommes mi-mai et pourtant la météo est bien pluvieuse. De tels nuages sont annonciateurs de mousson et devraient normalement apparaitre bien plus tard. Conséquences du changement climatique ? Les gouttes d’eau n’arrêtent cependant pas mon envie d’aller à la découverte d’un des plus fameux monastères du Bhoutan : Taktsang ou Tanière du Tigre. 

Le monastère est accroché à la paroi d’une falaise et vu d’en bas, la première question que l’on se pose est : pourquoi là ? N'y avait-il pas d'endroit plus simple ou accessible ? Il est vrai que Guru Rinpoché lui même s'y envola sur le dos d'un tigre...

La pluie redouble d’intensité mais nous trouvons heureusement à mi-parcours un abri où nous prenons le temps de nous réchauffer autour d’un thé. Nous reprenons ensuite notre montée jusqu’à arriver au point de vue le plus remarquable. 


Une petite éclaircie et nous en profitons pour nous glisser à l’intérieur de ces murs forçant le respect. Il est impossible de prendre des photos mais si je peux décrire succinctement l’intérieur, il s’agit d’un enchevêtrement de salles recelant de peintures, de statues et d’offrandes plus surprenantes les unes que les autres ! Une atmosphère profonde, mystique et sereine émane de ce lieu, indéniablement un incontournable de tous voyages au Bhoutan. 

Le chemin du retour nous donne l'occasion d'admirer quelques rhododendrons encore en fleur à cette époque de l’année.  


Nouvelle étape de mon itinéraire : la région du Bhumtang, dans le centre du pays. Mais la météo est décidément capricieuse. Trop de nuages bas force le pilote de mon vol à faire demi-tour. L’imprévu est toujours de mise dans un voyage !

De retour sur Paro, nous en profitons alors pour aller marcher et découvrir un monastère peu connu et offrant un magnifique point de vue sur la vallée de Paro. A l’intérieur, les moines méditent. 


Le lendemain, c’est la bonne ! Notre ATR42 se pose sans difficulté sur le petit aérodrome de Bhumtang. 


L’atmosphère est très différente de celle de Paro. L’architecture, l’étroitesse des routes, la flore alpine. La région est plus reculée et cela se ressent. Nous remontons le village à pied puis nous nous en écartons pour aller visiter un ensemble de monastère où Guru Rinpoché,  l'illustre moine qui propagea le bouddhisme au Tibet et au Bhoutan, médita de longues années. L’occasion également de se promener dans la campagne environnante, de discuter avec quelques moines sur le chemin du monastère, d’observer les travaux dans les champs, ou encore d’apprendre au hasard d’un détour comment est filée la laine de yak pour faire de belles écharpes.
 

Arrivés au monastère, les trois bâtiments bâtis les uns aux côtés des autres en imposent. 


A l’intérieur, grotte sacrée, leçon pour les moines, statues gigantesques, chants tibétains, une immersion totale dans une fourmilière bouddhiste. Le soir, afin de se remettre de toutes ces émotions, je ne peux résister à l’envie de tester le bain aux pierres chaudes, une tradition bhoutanaise équivalente au sauna. Effet détoxifiant et relaxant garanti, le sommeil ne fut pas long à trouver !
 

Aujourd’hui je pars en voiture en direction de l’Ouest du pays. La route est en rénovation sur une bonne partie du chemin mais une fois terminée, dans un peu moins d’un an, cela permettra de joindre le centre du Bhoutan très rapidement. Nous passons de nombreux cols toujours ornés de drapeaux de prières. Mon guide prononce quelques paroles de bénédiction. Perdu au milieu de la nature, nous croisons un stupa semblable à celui de Swayambunath à Kathmandu me rappelant mes années chez le voisin népalais.


Après un court détour, nous nous arrêtons dans la vallée de Phobjika, l’une des deux vallées du pays où s’arrêtent par milliers les grues à cou noir pendant l’hiver. Elles ont un caractère sacré pour les bhoutanais et un festival leur est même consacré chaque année. Malheureusement celles-ci ont déjà migré à cette époque et il n’y a que les vaches qui profitent de cette large et étonnante vallée.
 

Petit parenthèse gastronomique : les repas sont copieux au Bhoutan ! Jamais épicés pour les voyageurs (ou à la demande), ils varient en fonction des cultures ou des spécialités de telle ou telle région. Le tout peut être agrémenté d’ara, l’alcool local, ou de bières mais toujours avec modération. 


Le lendemain me voici dans la vallée de Punakha. Si les autres vallées adjacentes de Paro et Thimphu possèdent un climat tempéré, celle-ci possède un climat subtropical grâce à son altitude peu élevée (1300 m). Autrefois, de nombreuses familles venaient passer l’hiver ici tandis qu’elles rejoignaient Thimphu l'été. Les cultures, la végétation et les oiseaux sont différents de ceux rencontrés précédemment. Je remonte tranquillement la rivière Puma Tsang Chhu, en passant par la ville moderne de Wangdue aux rues quadrillées, avant d’arriver à un site très important : le superbe Dzong de Punakha.


Certainement le monument le plus photographié du Bhoutan après Takstang, il est imposant de par ses dimensions. En prenant de la hauteur je m’en rends compte sans problème. 


 


Si l’extérieur est magnifique, l’intérieur l’est d’autant plus. La tour centrale, autrefois tour de guet, abrite les salles secrètes où séjournent les hauts responsables monastiques. Au bout du dzong, une immense salle abrite les statues monumentales des 3 Bouddhas les plus importants du Bhoutan. A l’opposé, une fresque occupant toute la longueur de la salle décrit très bien les différentes étapes de la vie de Bouddha. Les prières s’enchainent au fur et à mesure des entrées et sorties, l’endroit est réellement impressionnant. 


Il est temps de quitter la vallée de Punakha pour rejoindre Thimphu. L’occasion de passer par le col du Dochu La, où ont été construits 108 chortens, flottant aujourd’hui dans un léger brouillard. 


Thimphu est une vrai capitale, rien à voir avec le reste du pays paisible. Ici réside au moins un septième de la population bhoutanaise. Me voilà en ville, pas de doute : nombreux véhicules, jeunes aux tenues occidentales et magasins plus modernes les uns que les autres. Le soir, de nombreux bhoutanais sont de sortie, restaurants, bars et boites de nuits font le plein : les vendredis se ressemblent sur la planête. A Thimphu, le croisement entre tradition et modernité n’a tout de même pas d'égal.  

Ce voyage au Bhoutan est bien entendu l’occasion de rencontrer nos supers guides, ceux que vous rencontrerez (ou avez déjà cotoyé) en voyageant avec Tirawa ! D'ailleurs Kado et Ugyen seront bientôt en France et toute l'équipe Tirawa les attend de pied ferme :) !

Kado

Ugyen

Kinley

Le lendemain, nous prenons la route du sud vers la vallée de Haa. Cette région accueille peu de touristes et garde tout son charme, son caractère reculé et ses traditions, notamment culinaire. A travers les champs d’orge, de blé, de pommes de terre, de choux, les habitations traditionnelles de bois et de pierre sont dispersées au sein du paysage. Que cela soit pour un monastère, un dzong, un office du gouvernement ou une simple maison, l’architecture bhoutanaise respecte toujours des critères stricts de construction, pour le plus grand bonheur de l’amateur d’architecture.

Nous rejoignons Paro en passant le col du Chele La, à près de 4000 mètres. Le vent y souffle souvent fort, voilà la raison de tant de drapeaux présents ici. Ils dispersent ainsi au mieux les mantras inscrits sur le tissu. 


La fin du séjour approche, demain je prends un vol vers le Tibet. Mais le Bhoutan me réserve une dernière surprise. Je tombe par hasard sur un festival privé, illustrant différents types de danses très connues. Quelle chance ! Si le calendrier ne m’a pas donné la possibilité d’assister à un festival, me voici quand même devant un spectacle superbement orchestré.
 

Voici donc mon prochain prétexte pour revenir au Bhoutan : assister à un festival !
 


J'ai eu un véritable coup de cœur pour ce pays où prendre le temps, écouter, échanger n’a jamais été aussi agréable

On se retrouve bientôt pour la suite de mon voyage, qui me menera au Tibet céleste cette fois !