Le Kongma la

Le sens de notre circuit nous permet de monter des faces Est, donc rapidement ensoleillées, un avantage à cette altitude ou le froid matinal vous glace la carcasse. Notons que si le col est bouché par la neige, ou s’il fait mauvais temps, ou si l’acclimatation est insuffisante, il est toujours possible d’emprunter le chemin du bas qui rejoint directement Lobuche. C’est le chemin que vont prendre nos porteurs.

Donc départ matinal, car environ 7h de marche (hors pauses) avec 805 m de dénivelé jusqu’au col sont nécessaires pour rejoindre Lobuche. Contrairement aux cartes, inutile de redescendre, l’ascension commence à la sortie de Chhukung par un chemin qui s’élève en pente douce.

Parfois soutenue, parfois cool, l'ascension offre des moments de repos

L'Ama dablam

Le domaine de la haute montagne

Une fleur étrange vers 5000m

Pour l’occasion deux jeunes trekkeurs nous accompagnent. Ils nous ont demandés s’ils pouvaient se joindre à nous, ce que nous avons acceptés avec plaisir. Hier ils ont gravi l’Island Peak et ils sont en pleine forme. Très vite le soleil nous réchauffe. Sur un premier plateau, nous rejoignons un petit groupe parti un peu plus tôt, un peu plus haut, Kasi me rappelle que c’est ici que, lorsque nous organisions le trek sous tente, nous dressions le camp. Nous effectuons une bonne pause et nos deux jeunes trekkeurs installent un réchaud pour préparer le thé. Bientôt nous sommes rejoints par deux autres randonneurs qui profitent de la pause thé. Lorsque nous arrivons sous le col, un grand lac aux eaux turquoises nous donne presque envie de nous baigner. Mais l’eau ne doit pas dépasser les quelques degrés et il faudrait poser la doudoune.... Nous nous contenterons d’une longue pause dans ce décor idyllique.

Un décor de rêves

Pause au lac sous le col

Pour rejoindre le col, il reste une belle grimpette d’une centaine de  mètres de dénivelé dans un pierrier qui nous semble bien raide. Heureusement le chemin est bien tracé et plus facile qu’il n’y parait au premier abord. Du col (où nous sommes une dizaine de trekkeurs) la vue est somptueuse, à couper le souffle (comme si l’altitude ne s’en était pas déjà chargée). Au premier plan, le lac que nous venons de passer et puis cette succession de sommets et glaciers qui barrent l’horizon. Côté Nord-Ouest, la vue est moins spectaculaire, mais Lobuche parait minuscule et semble coincé entre deux moraines glaciaires : celle du Lobuche glacier qui descend du Lobuche West (6135m) et qui semble s’arrêter juste aux portes du village et surtout l’immense moraine glaciaire constituée par le Khumbu glacier.

Le col (vue sur le Lhotse, le Makalu)

Vue depuis le col

Zoom sur le Makalu

La descente du col commence dans un éboulis qui peut s’avérer délicat, voir impraticable, lorsqu’il est recouvert de neige ou de glace. Seuls des cairns indiquent le passage de rocher en rocher.

La descente dans les éboulis

On aperçoit Lobuche

Le Pumori lors de la descente

Heureusement nous retrouvons ensuite un bon chemin. Nous perdons vite de l’altitude car Kaji nous rappelle que le vent à la fâcheuse habitude de se lever régulièrement en fin de matinée. Nous trouvons un coin abrité pour déguster nos sandwiches bien mérités. Les difficultés ne sont pourtant pas terminées.  Avec le réchauffement climatique, le Khumbu glacier a bien maigri. Il fait toujours 1,4 de large, mais la fonte de la glace a profondément modifiée sa traversée. Résultat le franchir rajoute 100 m de dénivelé car non seulement il faut monter pour atteindre la moraine, mais ensuite il faut descendre pour la traverser (idem à la sortie). Et bien sûr cheminer à travers les éboulis.  Kasi connaît bien l’endroit, et il n’y a pas de brouillard sinon il y a un fort risque de perdre beaucoup de temps.

Traversée de la moraine

A Lobuche, le lodge est très confortable (douche chaude comme à la maison, mais chambre comme partout jamais chauffée et fleuretant avec les zéro degré la nuit, pas comme à la maison) mais nous retrouvons également tous les trekkeurs qui empruntent le chemin normal pour rejoindre le Kala Patthar et le camp de base. 

Lobuche