Halebid et Belur

Deux sites majeurs sont au programme de cette journée : les temples Hoysala de Belur et de Halebid. Ce sont des joyaux de la culture hindoue !

Entre le Xème et le XIIIème siècle, ces deux localités furent les capitales d'une dynastie prestigieuse, les Hoysala. Convertis à l'hindouisme au XIIème siècle, leurs souverains firent ériger une série de temples à la conception hardie, permettant de multiplier de manière extraordinaire le nombre de dieux et déesses sculptés sur les murs. L'emploi d'une pierre vert foncé, la stéatite, aisée à travailler, mais durcissant ensuite heureusement au contact de l'air, permit aux artistes sculpteurs d'atteindre un degré inégalé dans l'exécution des détails, par exemple les parures et vêtements dont sont couvertes les divinités.

Les deux temples sont de plans comparables, en forme de croix, reliés entre eux, chacun étant gardé par un taureau (Nandi). Ils sont richement décorés de sculptures de dieux et de déesses, comme de scènes mythologiques tirées du Mahābhārata.

Nous allons commencer par le temple d’Halebid. Ce double temple Hindou, le Hoysaleśvara, est dédié à Shiva et à la déesse Parvati. Il fut construit au XIIe siècle par Vishnuvardhana, souverain de la dynastie Hoysala. Il est célèbre pour la finesse de ses sculptures. Sa construction s’est achevée sous le règne de Narasimha (1142-1173) comme l'indique une inscription sur le linteau de l'entrée sud. Il reste cependant incomplet. Une partie des sculptures a été endommagée, suite à deux vagues d’invasion par les Moghols, en 1311 et en 1326.

Scène champêtre sur la route d'Halebid

L’extérieur du temple d’Halebid est entièrement recouvert de bas-reliefs

L’un des deux taureaux Nandi qui veille sur le temple

Le couloir central qui relie les deux sanctuaires

Dans le sanctuaire dédié à la Reine, un lingam, symbole de Shiva

Devendra et Veena, notre guide locale

Onze niveaux de bas-reliefs font le tour du temple. Chaque frise a une signification… En commençant par le niveau au-dessus du sol, nous trouvons :
 

  • Des éléphants, il y en a 1248 au total. Symbole de stabilité
  • Des lions pour le courage
  • Des fleurs de lotus pour la beauté
  • Des chevaux pour la vitesse
  • Encore une frise de fleurs de lotus
  • Des scènes du Mahābhārata, Ramayana et Bhagata
  • Des animaux mythiques
  • Des cygnes pour rappeler Brahma (le cygne est le transporteur de Brahma)
  • Des musiciens
  • Les gardiens du temple
  • Le dernier bas-relief est consacré à des scènes érotiques

Les onze niveaux de bas-reliefs qui font le tour du temple

La construction de ce type de temple était réalisée par des artisans qui se répartissaient des tâches bien précises. Ainsi pour les bas-reliefs, 4 personnes travaillent successivement sur une scène, depuis la pierre brute jusqu’au travail fini.

Illustration des différentes étapes de la taille de bas-reliefs

Le deuxième Nandi de Halebid. Il est classé parmi les plus beaux de l’Inde

Veena sur le Mandapa (piste de danse de l’époque), devant le sanctuaire de la Reine

Un Makara

Les Makaras sont des animaux mythiques, dont les corps sont fabriqués à partir de sept êtres vivants. Un corps de cochon, des plumes de paon, une gueule de crocodile, une trompe d’éléphant, des pattes de lion, des yeux de singe, des oreilles de vache.

Un autre animal, bien vivant celui-ci, squatte les temples : l’écureuil

L’écureuil a un statut particulier dans l’hindouisme. On peut remarquer qu’il porte trois bandes de couleur sur son dos. Ces trois bandes furent données par Shiva à ces animaux, suite à leur participation dans la guerre que Hanuman et son armée de singes ont mené contre le démon Ravana au Sri Lanka, afin de libérer Sita… la femme de Rama. Lisez le Ramayana… et vous comprendrez !

Une scène du Ramayana avec comme thème le mythe du labyrinthe

Une deuxième merveille est au programme de ce jour. Il se situe à une vingtaine de kilomètres, dans le village de Belur. Contrairement à Helebid, Belur n’a jamais subi de dégâts, car au début du XIVème siècle (date des invasions Mogholes) … il avait été abandonné et était enfoui dans le sable ! Nous pouvons donc admirer le temple de Chennakeshava dans son état d’origine. Sa construction a été initiée par le Vishnuvardana, en 1117. Elle s'est achevée 103 ans plus tard. Cette vaste entreprise fut dédiée à Vishnu après la victoire des Hoysala sur les Chola. Belur est sur la liste, comme pour Halebid, des futurs sites classés par l’UNESCO.

Le Gopuram à l’entrée du complexe de Chennakeshava fut construit au XIVème

La richesse et la qualité des sculptures de ce site n’a pas d’égal en Inde…

Comme à Halebid, les murs du temple sont entièrement couverts de bas-reliefs

Un cloître fait le tour de l’enceinte. Il fut aussi construit au XIVème siècle

Chaque sculpture a son histoire et sa signification. Ici une scène de chasse. En bas à droite, la servante de cette déesse tient un lapin dans la main. A gauche, une femme enlève une épine dans la plante de pied d’une autre servante

Dans le sanctuaire principal, la statue de Lord Chenna Keshava, qui représente Vishnu

Le prêtre du temple. On peut voir le signe « V » sur son front, symbole de Vishnu

Détail de l’un des 48 piliers, tous différents, qui soutiennent le toit du temple