26 mai 2011 : Autour de Hué

Tombeau de Tu Duc. Le pavillon Xung Khiem où le roi aimait composer des poèmes

Ce matin, en plus de Tu, un autre guide est venu nous rejoindre : Phuong. Au programme du jour les tombeaux de trois rois, une pagode et un tour dans la campagne. Lorsque l’on parle de tombeaux, on s’attend toujours un voir un gros monument dans lequel est enterré un personnage important. Pour les rois de Hué il en est tout autrement. Si chacun des mausolées construits par les empereurs Nguyen possède un caractère qui lui est propre, ils sont cependant tous la réplique schématisée de leur citadelle et répondent à une disposition précise. L’inspiration des tombeaux des anciens empereurs de Chine est manifeste.

Tout d’abord le roi commençait à s’occuper de trouver sa résidence finale presque dès le début de son règne. Pour cela il devait d’abord faire appel à des géomanciens qui devaient trouver le bon emplacement. Un plan d’ensemble était alors réalisé et s’inscrivait dans un vaste jardin paysager agrémenté de lacs et de canaux.

Cet ensemble se nichait derrière un mur d’enceinte, au delà duquel s’étire en premier la cour des Salutations. Sur les bords de cette cour, une rangée de statues accueille le roi : éléphants, chevaux, mandarins civils et militaires, griffons mythiques. Au bout de cette cour se dresse en général une tour sous laquelle se dresse une immense stèle en marbre sur laquelle est gravé un discours vantant les mérites du roi défunt et écrit en idéogramme chinois. Des obélisques, symbole de la puissance du roi encadrent cette tour. Puis on accède au temple dédié au monarque, à ses reines et concubines. Le tombeau, en général très simple arrive en dernier sur cet axe, il est lui même au centre d’un espace entouré d’un mur d’enceinte.

Premier tombeau de cette matinée : celui de Tu Duc. 4ème roi de la dynastie Nguyen, il dut faire face à de nombreux problèmes dans sa vie (santé, guerres internes, invasion des français, problèmes de succession car il n’a pas eu d’enfants). C’est l’un des plus beaux tombeaux de Hué, dans un cadre magnifique de 12 ha. Ce tombeau lui servait (comme aux autres rois d’ailleurs) de résidence secondaire. Comme c’était un lettré, il venait souvent pour y composer des vers et des poèmes. Il fut construit de 1848 à 1867.

Intérieur du palais Hoa Khiem

Le parc du tombeau de Tu Duc

La stèle, gravée du « Khiem Cung Ky », composée par l’empereur de son vivant, qui narre sa propre histoire mais qui est aussi autocritique

Nos deux guides, Phuong (à gauche) et Tu (à droite) devant le paravent protégeant l’entrée du tombeau de Tu Duc

Simplicité du tombeau de Tu Duc. En fait son cercueil ne repose pas dans ce lieu mais dans un endroit secret, par peur des profanations par les pilleurs de tombe

Majesté des arbres dans le parc

Deuxième tombeau visité ce jour : celui de Minh Mang. 2ème roi de la dynastie. Il régna de 1820 à 1841, mais son tombeau n’était pas prêt lorsqu’il mourut !

Situé dans un immense parc de 25 ha, il s’organise sur un axe de 700 mètres de long.

Cour des Salutations

L’ensemble du mausolée se déroule le long d’un axe de 700 mètres

L’un des 35 monuments du tombeau de Minh Mang

Dernier tombeau du jour : celui de Khai Dinh. C’est le 12ème roi de la dynastie (qui en eu 13, le dernier Bao Dai est mort exilé en France et n’a donc pas de mausolée). L’édification de ce monument dura de 1929 à 1931 et mis à sec le trésor royal. Khai Dinh était une marionnette mise en place par le pouvoir colonial, un peu mégalomane et délirant. Ce tombeau est totalement différent des autres. C’est plus un énorme monument en béton (il fallait montrer que le roi était moderne) qu’un mausolée traditionnel.

Les gardiens de la cour des Salutations

Le tombeau de Khai Dinh se voulait moderne. Il est principalement construit en béton armé

Dans le palais « Thien Dinh »

Khai Dinh sous un palanquin suspendu au plafond et qui pèse une tonne et demi !

Détail de l’une des nombreuses mosaïques du palais Thien Dinh (verre et tessons de céramiques)

Mosaïque

Nous rentrons ensuite vers Hué et visitons la pagode Thien Mu, lovée dans une courbe de la rivière des parfums. C’est le seigneur Nguyen Hoang qui, en 1601, construisit la première pagode. La tour octogonale fut élevée en 1844 sous le règne du roi Thieu Tri. C’est de nos jours un monastère en activité, avec 60 moines et novices.

L’un des moines de ce temple fut mondialement célèbre grâce à la photo de son sacrifice le 11 juin 1963 (en s’immolant devant sa voiture dans le cœur de Saigon). Il voulait protester contre le régime de Ngo Dinh Thiem et les discriminations dont souffraient les bouddhistes.

Dans la cour de la pagode Thien Mu

Intérieur totalement rénové du temple bouddhiste de Thien Mu

Collection de bonsaïs

La célèbre Austin bleue de Thich Quang Duc

Un flamboyant sur fond de rivière des parfums

Mes trois compagnons de voyage négocient le prix d’une barque pour rentrer de Thien Mu vers le centre de Hué

Pour finir la journée nous sommes allés à huit kilomètres de Hué, en traversant rizières et hameaux, jusqu’à Thanh Toan. Ce petit village abrite encore un pont traditionnel vieux de 200 ans et un petit musée sur les instruments traditionnels utilisés par les paysans.

Musée agricole de Thanh Toan

Une vieille paysanne nous sert de guide dans le musée

Le pont de Thanh Toan

 

Cette entrée a été publiée dans Non classé. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.