27 mai 2011 : De Hué à Hoi An

L’artisanat est riche à Hoi An

Après avoir terminé très tard hier soir le texte et les photos du blog, lever matinal pour continuer la route vers le Sud. Deux petits cols puis la grande montée au col des Nuages (460 m d’altitude) … et nous voici dans la baie de Da Nang. Il y a maintenant un tunnel qui évite cette montée. Cette portion de route était la plus meurtrière de tout le Vietnam.

Entre Hué et Da Nang, le fameuse route qui grimpe au col des Nuages.

Nous n’avons pas le temps de nous arrêter dans cette ville sans grand charme, mais qui abrite tout de même un célèbre musée, celui dédié à l’art Cham. Au Sud de Da Nang, sur les quelques 30 kilomètres qui bordent la mer avant la ville de Hoi An, le bétonnage intensif a atteint un paroxysme sur la plage de China Beach. C’est à qui fera l’horreur la plus grandiloquente. Un certain nombre de ces projets démesurés ont d’ailleurs déjà capotés, anéantis par une crise de surproduction immobilière !

Autant dire que l’arrivée à Hoi An nous donne une bouffée d’oxygène. Installation dans l’ancien hôtel du parti, un bâtiment historique bien rénové et confortable.

Encore du grand confort aujourd’hui …

Notre guide « Tu » vit dans cette ville, et pour une partie de la journée il nous propose de faire un grand tour dans la campagne environnante en petite moto. En quelques mètres on arrive à dompter la bête qui doit faire des pointes à au moins 50 km heure. Nous traversons la rivière Thu Bon sur une barque, les motos rangées sur le pont en rang d’oignons.

Un chantier naval attire notre attention au niveau du débarcadère.

Chantier naval artisanal. Une barque de ce style, une fois terminée, est vendue environ 1000 euros

Un peu plus loin, nous nous arrêtons dans une maison où la famille fabrique des nattes en roseaux. La mère et la fille peuvent faire 4 nattes par jour et le prix de vente de chaque natte ne dépasse pas 2,5 $.

Petit business familial et traditionnel, le tissage de nattes en roseaux

La campagne est entièrement cultivée. Les paysans font jusqu’à trois récoltes de riz par an, comparée à une seule dans le Nord ! De nombreuses étendues d’eaux barrent des accès et pour faciliter la circulation, certains construisent de longs ponts en bambou, avec une dîme à payer à chaque passage.

Le constructeur de l’immense passerelle en bambou. 3000 dongs à chaque motocycliste (0,15 dollar)

Détails de construction du pont en bambou

De très rares voyageurs se déplacent dans ces zones, et partout l’accueil est chaleureux. Nous faisons un stop café dans une maison qui vend aussi des oiseaux (de 30 à 80 $ suivant l’espèce) et des ficus (de 200 $ … à des fortunes pour les beaux arbres qui peuvent valoir jusqu’à 150 000 $)

Au café. On y trouve des oiseaux et des ficus à vendredi

« Tu » nous fait la surprise de nous inviter à déjeuner dans sa famille. Sa tante et son oncle nous attendent donc, et ils ont mis les petits plats dans les grands ! Nous goûtons les spécialités locales arrosées de bière La Rue qui a gardé son nom depuis la colonisation française.

Repas de fête chez Mr Phuoc Nguen Tan

Nous remettons les gaz pour aller boire un café au bord d’une plage où seuls quelques Vietnamiens s’aventurent.

Une plage du Sud de Hoi An, encore intacte

Petits bateaux de pêche sur une mer … pas tout à fait calme

Retour à Hoi An en prenant un autre bac. Les notions de sécurité sur ces barcasses ne sont pas dans les normes européennes…

Retour sur Hoi An

Barques traditionnelles en roseau goudronnées avec de la résine de gommier

Votre serviteur et Ronan qui se la jouent « Easy Rider » sur leurs machines…

La fameuse Oural, moto avec laquelle je vais organiser, pour Tirawa, une grande découverte de Nord Vietnam en septembre 2012

Retour à Hoi An que nous allons visiter pendant le reste de la journée. Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en 1999, cette cité est une sorte de musée vivant. On dénombre 844 sites d’intérêt historique, tels que ponts, pagodes, maisons particulières. Une grande communauté japonaise puis chinoise a façonné la ville.

Dans une pagode chinoise, de grands serpentins d’encens entourent une plaquette en bois sur laquelle est inscrite un vœu que l’on voudrait voir se réaliser

Déesse de la mer dans une pagode chinoise

Cette ville semble un peu endormie et le charme suranné des vieilles façades colorées  contribue à un sentiment de paix lorsqu’on se balade dans les ruelles.

Mais les commerçants veillent et travaillent sans relâche pour produire quantité de vêtements sur mesure, de lanternes, de tableaux laqués…

Hoi An regorge de boutiques où des tailleurs conçoivent des vêtements sur mesure au chalands de passage

Hoi An est aussi célèbre pour ses tableaux laqués

On se promène dans ce centre historique, rempli aussi de bars branchés et de restaurants. Au bout de la vieille ville, le pont-pagode japonais reliait les quartiers chinois, vietnamiens et japonais.

Autel au centre du pont japonais

Le pont japonais

La vieille ville vue des rives de la Thu Bon

Nous finissons la journée, qui ne s’achèvera que vers deux heures du matin (les journées sont longues ici … et dire que certaines mauvaises langues pensent que je suis toujours en vacances …) dans l’un de ces bars à la mode mais où le Bouddha de la prospérité veille !

Bouddha de la prospérité. Lui caresser le ventre est de bonne augure …

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