Le journal de Bernard
La nuit fut calme, troublée seulement par les cris d’Hugo appelant son père d’un ton désespéré (mais le nommant Pierre !!)…, Marie de son côté eut droit à une séance de somnambulisme de sa cousine, se redressant dans son sac de couchage pour parler photo tout en dormant…
Réveil à 6h, il ne fait pas froid et le « early tea » ou coffee devant la tente, servi par Percy et un porteur, est une manière douce et agréable d’émerger du sommeil (pour ceux qui dorment encore…)
A présent, il faut évoquer le problème des toilettes….
Au Népal, les sherpas creusent un trou dans le sol, puis la tente-toilette est installée dessus, et en repartant, ils rebouchent le trou ainsi creusé et ses …engrais…
Ici, les emplacements de camp étant limités à de petites terrasses, et strictement réglementés, ce système conduirait rapidement à les transformer en gruyères nauséabonds, aussi la pratique est elle différente : la tente-toilette est dressée et abrite un petit w.c. portatif dont la cuvette est faite d’un sac plastique que l’on change chaque jour ; les porteurs ramènent tous ces sacs de « déchets » et sont paraît-il contrôlés pour vérifier que la quantité de sacs rendus correspond bien à l’effectif du groupe, et que l’on n’a pas pollué la nature….,évidemment, il n’y a pas de châsse d’eau, et si le premier occupant bénéficie d’un plastique propre, il n’en est pas de même pour le suivant … Aussi lorsque Marie, puis Ilona, poussées par un besoin naturel pénétrèrent sous la tente-toilette, elles en ressortirent aussitôt avec un cri d’horreur et une grimace dégoûtée… Néanmoins, elles furent bien contraintes d’y revenir, et finalement semblèrent s’en accommoder…
Ces détails techniques réglés, et après que le cook ait compris qu’il n’était pas nécessaire de servir du porridge au petit déjeuner (l’omelette eut son succès du début à la fin), Percy fit mettre en ligne les 10 porteurs pour nous les présenter, ou plutôt, ils se présentèrent eux-mêmes indiquant leur prénom, leur âge, et le nombre d’années d’exercice de la profession (en général plus de 20 ans pour ceux qui atteignaient la quarantaine).
Le portage est réglementé : pas plus de 20kg par porteur, ce qui fait qu’ils courent gaillardement sur les sentiers…
Et c’est le départ pour la grande étape, avec passage du col Warmiwanusca à 4200m… un baptême des 4000m pour Marie et Ilona.
Nous traversons d’abord une épaisse forêt où nous croiserons quelques biches peu farouches, puis au dessus un alpage d’altitude où paissent les lamas, enfin une dernière partie raide et enneigée (4 jours avant, le col avait été fermé, recouvert de 80cm de neige).
A 11h45 nous sommes au sommet, le vent est glacial et malgré un ciel bleu et le soleil qui brille, nous entamons aussitôt la descente.
1h30 de descente, souvent en escaliers, nous amène au camp de Pacaymayo (3500m), terme de l’étape du jour.
Marie et Hugo ont escaladé le col comme des chamois, limités toutefois aujourd’hui dans leur progression par un rythme lent imposé pour éviter le mal d’altitude.
Ilona, qui lors d’un arrêt intermédiaire s’est plaint de mal de tête (rapidement dissipé à nouveau avec une aspirine) est montée très courageusement, tenant compagnie aux « anciens »…, et demandant souvent si l’on arrivait bientôt…
Après midi de farniente total, quelques parties d’échecs, puis de « UNO » à six, avec le jeu de Percy…, soins des plaies de Marie, puis repas du soir et tout le monde au lit…
Le journal de Ilona
Réveil à 6h ! On est parti à 7h15.
C’est la journée la plus difficile du trek, car on fait 7h de marche, que le matin.
On démarre avec une grande et longue et raide montée le long du rio Llolluchupampa.
3h de montée : HORRIBLE !
Puis direction le col de Warmiwanusca à 4198m d’altitude. On est mort !!
On voyait le camp de tout en haut, il était à 1h.
Arrivés là-bas : le paradis, on a mangé !! Trop contente !!
Puis on est allé se reposer dans la tente, on a joué aux échecs, puis on est allé goûter, délicieux !
Christian et Marie ont fait une partie d’échecs : victoire pour Christian.
Puis, tous les 6, on a fait plein de parties de UNO et on a mangé.
Puis DODO…





