On se réveille avec un splendide lever de soleil sur les falaises de Zion.
On doit partir tôt car la route pour le parc de Bryce ferme à 9h du matin. On profite ainsi des lumières pures du matin. La route au bitume violet tourne en lacets puis suit un canyon pour rejoindre le plateau supérieur. On fait plusieurs pauses pour profiter du paysage notamment une étonnante falaise grise quadrillée comme un échiquier d’échec. On traverse un plateau verdoyant parsemé de villages isolés jusqu’à rejoindre le « red canyon », le canyon rouge. Rapidement, on atteint le village de Bryce, porte d’entrée du parc à 2400 m d’altitude.
Le parc doit son nom au pionner Ebenezer Bryce venu s’installer dans la région vers 1860. Avec sa femme, il cultivait quelques champs et élevait des vaches. Seul, il a aménagé une route pour transporter du bois. Après vingt années passées dans la région, vaincu par la sécheresse des lieux, il décide de partir. Reconnaissant pour son travail, les pionniers, qui l’ont suivi, ont donné son nom au parc.
Depuis le début du blog, j’essaye d’être mesuré dans mes propos et d’éviter les superlatifs mais parfois il faut savoir s’incliner. Bryce est un chef d’œuvre de la nature et un choc de tous les instants. L’entrée en scène est parfaitement orchestrée. On traverse une forêt de pins banale puis quelques pas nous amènent au bord du spectacle. Pour accentuer l’effet, Marc, notre guide, nous demande de fermer les yeux. Lorsqu’on les ouvre, on est saisi par ce que l’on voit. D’un coup, le plateau s’effondre, formant un fer à cheval tapissé d’une infinité de cheminées, pinacles, aiguilles, falaises, blocs suspendus passant par toutes les couleurs de l’oxydation. L’orange, le rouge et le blanc prédominent, subtilement nuancés de violet ou de brun. Au centre, une rivière sèche, tapissée de pins, dévale vers la plaine. En arrière plan, le gigantesque escalier du plateau du Colorado se reforme tandis que le dôme sombre de la montagne sacrée des Navajos veille. Ce sont les Indiens qui ont donné le nom d’ »hoodoos » à ces tours rocheuses. Selon leur légende, elles correspondent aux hommes d’un peuple ancien transformés en pierre par le dieu Coyote suite à leur mauvais comportement.
Nous commençons notre randonnée par une plongée au cœur du cirque. La progression est lente tant les pauses sont nombreuses pour prendre une photo ou simplement contempler le paysage. Les formes comme les couleurs sont sans cesse changeantes. Nous sommes au cœur des roches sous un soleil brulant et l’instant d’après dans un canyon étroit ombragé de pins centenaires. Nous suivons la boucle toute en montagnes russes du sentier Peekabo.
Comme toujours, dès que l’on s’éloigne du point de départ, la foule disparait. Au bout d’un moment, plus aucun bruit ne règne en dehors du crissement des grillons et du sifflement du vent. Dans le ciel, des aigles planent. On poursuit le long du sentier Navajo. Le chemin, d’abord à plat, finit par quelques lacets soutenus par des murets pour rejoindre le plateau à Sunset point. Il ne nous reste plus qu’à rejoindre notre point de départ en suivant le bord de la falaise. Un dernier coup d’œil sur ce vaste amphithéâtre et il est temps de s’installer pour la nuit. Ce soir, on innove, on délaisse les tentes pour une nuit en tipi. Après quelques marshmallows dorés au feu de bois, chacun part se coucher.
Lever de soleil sur les falaises de Zion
Derniers regards sur Zion
La falaise de l’échiquier, quadrillé par l’érosion
Le canyon rouge
Au bord du cirque de Bryce
Autre vue sur le cirque de Bryce
Sur le sentier Peekaboo
Zoom sur les Hoodoos
Une des étonnantes formes rocheuses de Bryce
Sur le sentier Navajo
3 blocs tenus en plein ciel
Installation pour la nuit dans nos tipis












