Après le vent de la nuit, le temps a tourné. On se réveille sous un air frais et un ciel couvert. Un court trajet le long de la rivière Fremont nous amène au départ de la randonnée. Au programme du jour, une boucle à travers les canyons du parc national de Capitol Reef. Ici, nous sommes au plus profond de l’ouest. La terre est rude, sèche et les villages rares. Dans ce parc, on est loin des foules et des aménagements de Bryce ou Zion. La nature est brute. En guise de mise en jambes, nous suivons le cours sinueux du Grand Wash, un large canyon asséché qui peut devenir un piège en cas d’orages. Nous sommes dominés par de hautes falaises de calcaire beige à peine érodée. Seuls les soubassements en grès Navajo sont percés d’alvéoles comme autant de ruches naturelles. Un panneau signale le début de la montée.
Le chemin est astucieux, montant en encorbellement sur les bords du défilé.
La vue se dégage sur de vastes dômes blanchâtres. Dans un tournant, derrière la souche vrillée d’un genévrier, nous apercevons l’arc de cercle parfait de l’arche de Cassidy. Il est bien connu que l’on ne prête qu’aux riches et dès qu’un endroit est suffisamment paumé, la légende raconte que Butch Cassidy et ses acolytes s’y prélassaient. Nous rejoignons l’arche en marchant sur de larges dalles de grès rouge. La vue est impressionnante sur le gouffre qui s’ouvre sous nos pieds. Elle l’est encore plus lorsque que chacun d’entre nous se place au centre de l’arche. Nous repartons vers un col pour rejoindre le canyon de Cohab. Le soleil finit par sortir et la chaleur se lève. Après une bonne sieste à l’ombre, nous descendons dans un chaos de roches, un paysage complètement désorganisé où nous perdons nos repères.
Nous restons sur le haut du vallon. Partout, des formes étranges se révèlent : bombes volcaniques sombres, champignons vermillons répandus au hasard au milieu des genévriers, pins nains et buissons d’armoise. Nous quittons le canyon pour passer une petite crête. La descente finale est rapide vers la route.
Habituellement, Marc part en courant dans un remake de Forrest Gump chercher le véhicule mais, cette fois-ci, Jess se propose de faire du stop pour abréger notre attente. Elle rassure Marc tout en lui demandant son couteau au cas où. Finalement, une gentille mamie se charge du transport et, pour la première fois depuis le début du voyage, nous rejoignons le camping tôt.
Nous prenons quand même le temps de s’arrêter pour découvrir de mystérieux pétroglyphes indiens sur une falaise. Chacun avait prévu ses délices de Capoue notamment profiter de la piscine sous le chaud soleil du Colorado.
Mais décidément, l’ouest ne se lasse pas de nous montrer son visage rude et c’est un air frisquet et un méchant vent qui nous accueille. Exit pour Jean Pierre le bain au milieu des naïades de Torrey, direction le sac de couchage pour se réchauffer auprès d’Yvette, sa bien aimée. Nous restons stoïques car ce soir, Marc glisse les pieds sous la table et nous allons enfin dévorer un énorme steak américain. Enfin, nous l’espérons !
Départ pour l’arche de Cassidy
Un splendide sentier en encorbellement
Première vue sur l’arche de Cassidy
Le désert blanc ? Non, les champignons de Capitol Reef
Panorama depuis le sentier
Dômes calcaires lunaires
Jess, trekkeuse-chauffeuse
Descente dans le canyon de Cohab
Pétroglyphes mystérieux









