Nous avons une grande journée de randonnée devant nous. Comme pour le Grand Canyon, le camp s’affaire dès 4h du matin. Nous suivons une piste de terre qui s’élève rapidement au-dessus de la vallée Owens pour rejoindre le point de départ de notre randonnée à 3000 m d’altitude.
Partout des panneaux annoncent que nous sommes de nouveau dans le pays des ours brun. Le chemin, à plat, est une douce mise en jambes. La traversée d’un gué finit de nous réveiller. Nous traversons une forêt de pins avant d’atteindre le bord d’un plateau glaciaire. Nous sommes maintenant au cœur du massif, les lacs abondent, dominés par de splendides parois de granit gris pâle. De larges troncs de pins morts, orangés et striés sur eux-mêmes apportent une touche de couleur.
La suite du parcours est largement enneigée, avec des corniches imposantes sur les crêtes et de vastes névés. Nous sommes songeurs quand à la réussite de notre randonnée. Nous progressons vers le centre du cirque, scrutant les parois à la recherche d’un cheminement possible. Nous laissons Yvette et Jean Pierre se reposer au bord d’un lac et poursuivons, en petite équipe. Le chemin étant recouvert de neige, nous devons progresser de blocs en blocs. Nadine s’enhardit et, après mille détours, nous rejoignons le col du New Army.
Le paysage change radicalement. Comme dans le massif des Beartooth, nous marchons sur un vaste plateau avec en panorama les vallées intérieures de la Sierra. L’hiver est encore présent à ces altitudes, les vallons sont enneigés et fermés par des lacs glacés. Le sol est recouvert d’immenses dalles de granit orangées. De minuscules fleurs, notamment des edelweiss, poussent dans les creux de rochers.
Partis pour faire l’ascension du Langley, nous changeons d’idée et nous nous dirigeons vers le sommet du Cirque Peak en sautant d’une dalle à l’autre. Jean François peut sourire, il a beau scruter l’horizon, il n’y a pas de rondins à l’horizon. Pas de sentier, personne à l’horizon, un vaste panorama, nous sommes de nouveau en plein dans la « wilderness », ce milieu sauvage si spécifique des Etats Unis.
Un dernier effort et nous nous hissons à presque 4000 m d’altitude, au sommet du Cirque Peak. On se croirait sur le bord d’un cratère éventré. Vers la vallée que nous avons remontée, la vue porte sur les innombrables lacs de Cottonwood. Le temps a passé et nous amorçons une longue descente.
D’abord, à travers les blocs sommitaux puis en se laissant glisser le long des névés jusqu’à rejoindre des prairies alpines. Rencontre sympathique avec deux américains qui viennent s’acclimater avant de tenter l’ascension du plus haut sommet des Etats Unis, le mont Whitney.
Nous reprenons notre chemin de l’aller avec cette sensation étrange de ne pas reconnaître le parcours. Le parking est atteint vers 18h30, ce qui vous laisse deviner l’état de fraicheur des troupes. Heureusement, un excellent repas pris en plein air nous attend. A la nuit tombante, personne ne demande son reste pour aller se coucher.
Après un long parcours en forêt, nous atteignons le plateau glaciaire
Paysage typique de la Sierra avec ses lacs et ses falaises de granit éclatées
Etranges bois mort en altitude
Nous sommes bientôt dans le cirque largement enneigé
Le paysage prend un aspect haute montagne
Nadine a bien fait de nous suivre, elle peut contempler les vallées intérieures de la Sierra
Nadine concentrée à l’approche du Cirque peak
Vue sur les lacs Cottonwoods depuis le sommet
Descente ludique et rapide dans les blocs
Derniers névés avant de rejoindre les prairies



