Un air de paresse règne sur le camp ce matin. Il faut dire qu’une douce chaleur règne et que le petit déjeuner est savoureux. Julie, qui nous accueille dans son ranch, nous a préparé du pain perdu recouvert de miel et de tranches de banane avec du bacon grillé. On passerait la journée à boire du café chaud en admirant les aiguilles granitiques de la Sierra. Mais notre transhumance doit reprendre et nous descendons dans la vallée Owens.
Pour éliminer les courbatures de la veille, nous faisons une première balade dans l’étrange paysage des Alabama Hills. On a l’impression que Dame Nature a jeté au hasard des poignées de boules de granit qui, en s’entassant sur elles-mêmes, forment d’étonnants équilibres. La Sierra enneigée en toile de fond magnifie le paysage. Nous sinuons au cœur des blocs jusqu’à rejoindre une arche encadrant le Mont Whitney, le plus haut sommets des Etats Unis.
Nous roulons maintenant plein nord, longeant la sierra Nevada enneigée. Nous montons par paliers successifs. L’herbe se fait plus verte, la végétation plus dense. Une courte descente nous dépose sur le bord du lac Mono. Immense flaque bleue posé sur un plateau, le lac alimente en eau la ville de Los Angeles. Le niveau du lac baissant, d’étranges cheminées calcaires sont apparues sur son bord. Elles sont formées par les dépôts calcaires de sources chaudes souterraines. Le lac est un refuge pour une grande variété d’oiseaux notamment les goélands. L’eau salée dégage un parfum d’océan.
Tiède et de couleur bleue turquoise, elle invite à la baignade.
Nous poursuivons vers Lee Vining, un village coquet et installons pour la dernière fois du voyage notre campement. Le site est agréable avec sa pelouse épaisse et sa vue sur le lac. Après le déjeuner, il est temps de partir découvrir le village fantôme de Bodie. Le site est isolé, au cœur de collines déboisées. On a peine à croire qu’à la fin du 19ème siècle il s’agissait d’une des plus grandes villes de l’Ouest avec ses 10 000 habitants. Il faut dire qu’en 1859, un certain William Bodey découvrit ici une énorme pépite déclenchant la ruée vers l’or. Les gens sont venus de tout le pays dans l’espérance de la richesse. La ville fut abandonnée vers 1920 lorsque les derniers gisements furent épuisés. Bien que deux incendies majeurs aient détruit une grande partie de la ville, le site est saisissant de vie. On a la sensation que les habitants viennent de partir et qu’il suffirait de souffler sur la poussière des meubles pour de nouveau s’installer dans les maisons. Nous déambulons dans les ruelles poussiéreuses, passant notre tête à travers les fenêtres. Toute la vie d’une cité ressuscite. Ici, la maison du barbier, là le charpentier, ailleurs un saloon ou un grand hôtel. Nous gagnons le haut de Bodie pour approcher la plus grande mine. Elle dénote dans le paysage avec son architecture de tôle ondulée alors que toutes les maisons sont construites en bois de pins.
Au-dessus, nous apercevons les trous creusés dans la montagne par où s’écoulait l’or.
Bodie est désormais un parc de l’Etat de Californie et fréquenté essentiellement par des familles américaines. Un petit musée rassemble tous les objets de la vie quotidienne et les photos trouvées dans les maisons abandonnées. Chacun est invité à mettre un nom sur les visages photographiées. Le temps passe, il est 18h et Bodie ferme ses portes. Nous regagnons notre camping. Nous sommes à 2200 m d’altitude et un vent frais s’est levé. Il pousse rapidement tout le monde sous sa tente. Demain, nous partons pour notre dernier parc national : le Yosemite, un mythe dans l’histoire de l’escalade.
Les Alabama Hills dominés par le mont Whitney
Gros plan sur l’entassement de blocs des Alabama Hills
Un air de Fitz Roy en regardant le mont Whitney, le plus haut sommet des Etats Unis
Les concrétions calcaires des Tufas au bord du lac Mono
Arrivée sur la ville fantôme de Bodie
Debout pour combien de temps encore…
L’émouvant intérieur d’une maison
Décidément, les maisons tanguent à Bodie




