Ce matin, un air de fin de voyage flotte dans l’air. Après presqu’un mois de voyage, il est temps pour nous de laisser la vaste nature américaine pour retrouver nos « home sweet home ». Nous avons du mal à quitter le Yosemite.
Après un dernier arrêt devant la paroi ensoleillée d’El Capitan, nous allons à Tuolomne Grove rendre hommage au seigneur des forêts américaines, le Séquoia.
Ironie du sort, cet arbre, le plus grand du monde, a failli disparaître transformé en cure-dents ! Aujourd’hui, il est protégé avec soin et une courte balade permet d’admirer des exemplaires millénaires. Ce qui nous frappe est bien sur leur taille. Ils sont si hauts qu’il est difficile de les voir en entier d’un seul coup d’œil. Quant à les photographier, c’est mission impossible. Ils ont un air altier avec leur écorce cuivrée, leurs fûts droits et leurs toupets de branches en plein ciel. Ils règnent le plus souvent en solitaire, les autres espèces se tenant à distance d’eux. Le sentier thématique permet d’en découvrir plusieurs, certains vieux de centaines d’années, d’autres jeunes et de la taille d’un arbuste. Le plus long d’entre eux est mort, couché sur le sol et fragmenté en plusieurs morceaux. Il semble en cours de fossilisation, le tanin de son écorce le protégeant de toute décomposition. Un dernier Séquoia témoigne d’une époque révolue lorsque leurs troncs étaient percés pour laisser passer une piste touristique.
Nous retournons au véhicule direction San Francisco. Nous laissons derrière nous la Sierra Nevada. La chaleur sèche devient étouffante. Nous traversons une région de collines escarpées recouvertes d’herbes jaunies par le soleil et piquetées de chênes.
Dernier pique-nique sur le bord du lac Don Pedro avant d’atteindre les plaines Californiennes. La vallée est fertile, couverte d’arbres fruitiers.
Le retour à la civilisation devient réel en rentrant sur l’autoroute. Tout le monde semble attiré et converge vers le Pacifique. Dans le lointain, la brume annonce la ville de San Francisco. Nous suivons le flot et traversons la baie par le pont d’Oakland.
Nous nous installons rapidement à l’hôtel avant de repartir vers le Golden Gate. La brume, continuellement balayée par le vent marin, enveloppe les arches rouges et dégage une ambiance étrange. Heureusement, le quartier de Sausalito est au soleil.
Nous nous baladons sur les quais de ces maisons flottantes extravagantes.
Elles sont devenues célèbres à la fin des années 50 lorsque les chantres de la « beat generation » les ont investis pour fuir la société de consommation.
Les hippies les ont remplacés et aujourd’hui, c’est le refuge des artistes et d’une vie bohême. Nous déambulons d’une maison à l’autre. Partout des fleurs et des détails surprenants. On passe sans transition d’une house boat léchée à une autre déglinguée, d’un ponton parfaitement jointé à une volée de planches à peine clouées. Le coin semble vivre en marge avec un fort esprit communautaire. Pour finir la journée, Marc nous dégote un restaurant vintage. On se croirait dans un épisode d’Happy Days. Chacun guette Fonzy !
Paroi ensoleillée d’El Capitan
Jean François, d’un coup d’épaule, vient d’en faire tomber un !
Un Séquoia percé pour laisser passer une ancienne piste
Pause pique-nique au bord du lac Don Pedro
Arrivée à San Francisco par le pont d’Oakland
Les maisons flottantes de Sausalito
Décoration amusante d’une fenêtre






