Après un vol sans histoire et un court repos, me voilà de nouveau au bureau prêt à vous renseigner sur toutes vos questions concernant les Amériques.
Avant de replonger dans le quotidien, ce dernier message va tenter un court bilan d’un mois de voyage aux USA.
Comment résumer en quelques lignes un voyage aussi long et dense ?
D’abord, si vous aussi vous êtes attirés par ce pays démesuré, il faut savoir que vous devez oublier les habitudes d’organisation mises en place habituellement. Le paradoxe veut que dans ce pays riche, les conditions de voyage, au moins pour les itinéraires tournant autour de la randonnée, sont relativement rustiques. Ici, point d’équipe locale pléthorique avec chauffeurs, cuisiniers, porteurs et assistants. Votre guide, éventuellement aidé d’un chauffeur, est le seul maître à bord. Il réunit toutes les fonctions. Il vous guide bien sur mais s’occupe aussi des courses, prépare les repas, gère les réservations, conduit le bateau sur le lac Powell et bien d’autres choses encore. Autant dire qu’il est sur le pont en permanence et qu’un coup de main de chacun est indispensable pour la réussite du voyage. Aux USA, on ne consomme pas passivement un voyage, on en est l’acteur.
Ensuite, le rythme du voyage est beaucoup plus dense qu’ailleurs. Les distances à parcourir sont importantes, les randonnées longues et les variations climatiques fortes. Pour vous donner une idée, nous avons parcouru plus de 4000 milles soit environ 6400 kms au cours de ces 4 semaines de voyage. Pour toutes les grandes randonnées, nous nous sommes levés autour de 4h du matin pour revenir au camp entre 18h et 19h. Forcément de la fatigue s’accumule et il faut être prêt physiquement à tenir un rythme élevé.
Mais ces contraintes ne sont rien en regard de la beauté du voyage. Ce pays, souvent affligé de préjugés négatifs, vous surprendra et vous émerveillera.
Nous retiendrons d’abord la gentillesse et l’esprit relax de ses habitants, ouverts, curieux et toujours prêts à rendre service ou discuter. Nous nous souviendrons longtemps de cet habitant de Sausalito qui nous voyant nous balader au milieu des maisons flottantes, nous a invité à visiter la sienne. Geste impensable chez nous.
Et puis la nature, vaste, immense, offrant des paysages sans cesse renouvelés à découvrir à pied. Pour les américains, cette nature fait partie intégrante de leur patrimoine. Il la découvre comme nous visitons une église baroque. Elle est l’objet de tous les soins avec ce double souci d’être accessible à tout le monde tout en préservant de larges espaces, la fameuse « wilderness », pour une plongée intense dans une nature intacte.
Et puis la faune sauvage, partout chez elle, depuis les pâturages du Yellowstone jusqu’aux pentes de la Sierra Nevada. Au bout de quelques jours, vous trouverez normal de croiser un ours brun ou de vous balader au milieu d’un troupeau de bisons.
Et puis des villes étonnantes, très typées et marquées par l’histoire de leurs origines. Quoi de commun entre Salt Lake la mormone, Las vegas l’extravagante ou San Francisco l’européenne ? Rien, si ce n’est une certaine idée de liberté et le symbole de la diversité de ce pays.
Et puis, cette sensation d’un voyage incroyablement dense. Comme nous l’a dit Jean Pierre, il va nous falloir du temps pour tamiser toutes ces images et sensations. Il est évident que ce voyage nous accompagnera longtemps.
Pour finir, un grand merci à tous mes compagnons de voyage. Yvette pour ta bonhommie et ta gouaille, Jean Pierre pour ta sagesse, Nadine et Jean François pour votre bonne humeur constante et votre aide de tous les instants, Fabienne pour ce côté lunaire que tu as apporté au voyage. Bien sûr, je n’oublie pas Jess, la « chauffeuse » toujours souriante et Marc, notre guide, à la baguette de cette folle traversée, qui nous a fait passer son amour du pays tout en se démenant pour nous.
Le blogueur vous salue bien !
Julien Freidel, responsable de la production Amériques à Tirawa
