Col de Alcaycocha

Deux chemins sont possibles pour rejoindre la lagune Carhuacocha (4140 m). Le classique, par le col Carhuac (4640 m) ou, le plus original, en traversant un col rarement emprunté, celui d'Alcaycocha à 4790 m. Carlos choisit bien sur l’option du chemin délaissé. Ce matin, le lever de soleil sur la Cordillère est particulièrement esthétique !

Lever de soleil sur les sommets

Un paysan local à cheval vient inspecter le démontage du campement

Petit déjeuner au frais…

Nos animaux de bât attendent sagement dans la prairie

8 heures… c’est le départ pour une journée de marche La première montée est bien raide… mais la vue sur la lagune Mitacocha en vaut l’effort !

Les sommets se reflètent dans la lagune Mitacocha

La seconde partie de la montée au col suit d’abord un grand vallon suspendu… qui vient butter sur une barre rocheuse. De loin on ne voit pas de traces de passage, mais en se rapprochant on peut voir un vague cheminement ! Dans tous les cas le passage s’avèrera délicat !

Arrivée au col Alcaycocha

Il nous reste alors, selon Carlos, encore 3 heures pour rejoindre le campement… en suivant un deuxième itinéraire bis. Descente plein est vers la lagune Alcaycocha, où Pablo nous sert un déjeuner bienvenu. Un vallon suspendu avec quelques passages raides nous conduit ensuite au bout de la lagune Carhuacocha. La vue est grandiose sur le cœur du massif et ses deux sommets emblématiques, le Yerupaja et le Siula Grande. Nous rejoignons un autre campement sublime, qui surplombe les bords de la lagune Carhuacocha.

Dans la descente du deuxième itinéraire bis

La descente est ponctuée de nombreux arrêts

Arrivée au camp qui surplombe la lagune Carhuacocha

Camp magnifiquement installé

Coucher du soleil sur la lagune Carhuacocha

Les pensées du jour de Jean Marc Porte

Piquer l’ordi. S’éloigner un peu des discussions croisées de la tente mess. Peut-on monter au camp de base de l’Everest à Cheval ? Les cartes autrichiennes de Huayhuash sont-elles les plus détaillées ? Est-ce qu’il y aura un péage local au minuscule pont, demain ? Bref : morceaux de vie d’une vie en trek, entre installation au camp et repas du soir. L’ombre est déjà là. La nuit va bientôt venir. Mais parce qu’il est encore « tôt » ce soir (17 h), poser ses fesses sur la pelouse. Et écouter le chant et l’énergie du silence qui nous domine. Cris d’oiseaux sur la grande lagune Carrhuacocha. Des oies. Quelques canards. Deux légers grondements de torrent. En arrière-plan, celui du dévidoir du lac (là où il y a le pont). Et face à moi, celui, ténu, issu des cascades doubles qui naissent du glacier entre les deux Yerupajara. Au-dessus, vers 5000/5200 mètres d’altitude approximativement, les chaos glaciaires reprennent leurs droits. Une pensée pour Joe Simson : la Siula Grande boucle, au sud, le cirque assez sublime qui nous domine. Si vous n’avez pas lu la Mort Suspendue, tant pis pour vous. Mais elle est comme inscrite dans la montagne en face de moi…. Bref.

Nous sommes au cœur du massif. Il y a les sommets, bien sûr. Leurs élancements. Le lent mouvement des nuages qui panachent leurs cimes. Et les variations des risées sur le lac. Mais ce soir, toute cette immensité de verticales, de séracs et de sommets me semble parfaitement humaine. La faute ou grâce à la minuscule cabane au toit de chaume et au petit enclos de pierre qui la jouxte. On l’aperçoit à peine, noyé dans cette démesure calme. Mais elle signe, tout au bout de la lagune, une singulière et fragile permanence humaine, incrustée dans la sauvagerie absolue des lieux.