Col de Cacanan

Départ matinal, la journée va être longue ! Il nous faudra environ 5h de route pour rejoindre le point de départ de notre trek dans la Cordillère Huayhuash. Après Huaraz, la route monte sur le vaste plateau du col Conococha. Un brouillard à couper au couteau nous enveloppe… Puis en quelques minutes, nous passons au-dessus et un soleil resplendissant nous accueille. La route plonge vers Chiquian et au loin les sommets de la Cordillère de Huayhuash barrent l’horizon.

Village dans la vallée de Chiquian

Le Yerupaja domine les autres sommets de la Huayhuash

Le trajet entre Chiquian et le point de départ de notre trek va être sportif. Sur des kilomètres il est impossible de croiser deux véhicules… Finalement, après le village de Llachon, la piste s’élargit et la vallée aussi. En arrivant au lieu-dit Quartelhuain, nous sommes cernés par d’immenses proues de calcaire qui se dressent dans le ciel. Rencontre avec notre équipe locale, chargement des ânes et des mules et départ pour notre dernier trek qui fera le tour de la Cordillère Huayhuash.

Nous sommes arrivés en bus… et nous repartons avec des ânes !

C’est parti pour 8 jours de marche !

Surnommée la cordillère rouge, du fait de la couleur de ses roches, elle est considérée comme la plus spectaculaire du Pérou. Il s’agit d’une chaîne compacte (moins de 30 kms de long), avec 6 sommets de caractère dépassant les 6000 m d’altitude dont le Yerupaja et le Siula Grande. Appréciée des forts alpinistes pour les challenges que chacun de ses sommets représentent, le tour de la Cordillère Huayhuash est l'un des plus beaux treks que l'on puisse imaginer. Cette première étape donne le ton avec une montée par un sentier raide et sinueux au col alpin et rocheux de Cacanan (4690 m). Des pauses pour reprendre son souffle permettent de profiter de la vue sur les sommets du Rondoy (5870 m) et du Ninashanca (5607 m).

Nos ânes dans la montée du col de Cancanan

Au loin une montagne rongée par une mine de zinc en plein air

Ambiance dolomitique

Arrivée au col de Cancanan

Descente sur le versant est de la cordillère. Le sentier domine la vallée du rio Caliente pour éviter son fond marécageux.

Début de la descente du col de Cancanan

Dans la vallée du rio Caliente

Nous installons le camp au-dessus du hameau de Janca. Le ciel est couvert ce soir mais un rayon de soleil viendra apporter un peu de couleur avant la nuit !

P’tit Louis bénéficie des massages de Anne sous la tente mess

Le ciel s’embrase avant la nuit

Les pensées du jour de Jean Marc Porte…

Le petit miracle de la journée est advenu derrière la vitre (embuée) du minibus. Sortie des brumes grises. Fin de la pluie. Tout au bout des hauts plateaux, les silhouettes de Huayhuash ont repris leur place, encore lointaine, en quelques secondes. Les oracles locaux avaient raison : en comptant sur nos doigts, les trois jours de « mauvais temps » sont derrière nous. Plongée dans les vallées sur des pistes de semi vertige. Oasis de verdures au ras des grands torrents. Villages. Mais aussi base vie de la grande mine de cuivre et de zinc dont les accès grignotent les pentes jusqu’à plus de 4800 mètres. In fine ? Les arriéros nous ont embarqué avec armes et bagages pour une jolie remontée démarrant des alpages sur un col caché entre de sublimes arêtes de calcaire. Alpages et méandres : sur les pistes muletières du rio Caliente (sources chaudes et bassins ocres…) notre première (demie) journée de marche autour de Huayhuash s’est doucement arrêtée face à l’amphithéâtre des faces du Jirishanka et du Rondoy. Quelques chevaux. Le chant du torrent. Mis à part une petite équipe de grimpeurs japonais, en acclimatation sur l’itinéraire, nous sommes à peu près seuls au monde, ce soir, à nous partager la magie du lieu...