Col Trapecio

Hier soir les cieux étaient parfaitement clairs, et quelques volontaires sont restés dehors pour prendre quelques photos de notre voie lactée. Je tiens tout particulièrement à remercier l’un des participants, Claude Mullier, pour la photo ci-dessous

Le ciel au-dessus de notre campement de Huayhuash

La tempête de ciel bleu est revenue ce matin. Les grands froids aussi ! Mais vu l’emplacement de notre campement, le soleil est venu rapidement nous réchauffer.

P’tit Louis devant notre camp couvert de givre

Nous avons une équipe locale particulièrement efficace. Le camp est monté/démonté en un rien de temps

De nouveau, nous laissons de côté le tour classique pour nous engager vers un passage entre la Cordillère Huayhuash et le massif rocheux des Puscanturpa. Tel un escalier géant, le sentier alterne plateaux et franches montées, au pied de la face est du Trapecio.

C’est le départ de cette nouvelle journée

On peut remarquer des différences de style dans les équipements de chacun. Par exemple P’tit Louis en chaussures rigides pour aller grimper dans l’Eiger… et Jean-Marc en tongs à 20 soles. Dans tous les cas les deux lascars avancent …

Illustration. A noter que Jean-Marc est un Everest Summiter, alors respect !

Le col Trapecio est juste au fond, à gauche du glacier

Notre équipe de portage nous double rapidement

En prenant de la hauteur, la vue est plus précise sur les sommets de la Cordillère Raura. A l'approche du col, l'ambiance se fait austère. Le chemin sinue dans une moraine percée de multiples lagunes jusqu'à rejoindre une étroite brèche, le col Trapecio (5010 m). Jean-Marc en profite pour sortir le drone. A cette altitude on est toujours un peu inquiet…

La cordillère de Raura dans le fond

Récupération du drone après 15 minutes de vol

Jean-Marc a le sourire…

Après le col, changement radical de paysage ! Nous descendons dans une vallée sauvage, rocailleuse, alpine où le sentier se perd facilement. Le regard est aimanté par le sommet du Puscanturpa (5652 m) avec ses 600 m d'orgues basaltiques verticales. Une myriade de lagunes, passant par tous les tons de bleus et de verts égayent le paysage.

Dans la descente. Certains passages sont très délicats pour les chevaux et les ânes

Tel un représentant de commerce, Jean-Marc Porte, journaliste de Trek Mag, se promène avec sa valise à drone !

Descente dans la caillasse

Bien en dessous du col, pour éviter les rafales de vent, pause pour le déjeuner

Après un parcours vallonné sur de grandes dalles, une franche descente permet de rejoindre la vallée verdoyante de Huanacpatay. Il est agréable de fouler à nouveau les pâturages et sentir l'horizon s'élargir. Notre camp est installé sur un vaste pâturage.

La vallée de Huanacpatay et notre campement

Lavage, lessive, rangement… La vie de camp lorsqu’il fait beau et au soleil… mais à 4500 mètres d’altitude quand même !

Les pensées du jour de Jean Marc Porte

Si vous avez bien suivi…  Et même si vous ne suivez pas : hier, une petite série de voyants était vaguement à l’orange. D’une météo légèrement mesquine (ciel couvert pour la première fois depuis le début de notre trip) à un inexcusable manque de motivation à trimballer un trop gros sac dans des cols raides et caillasseux à plus de 5000, nous frôlions (je frôlais…) le licenciement pour faute grave. Et bien pas de chance/ ou plus précisément : gros retournement de situation ce jour.  Après un rapide sondage à l’heure du Maté, il est bien possible (dans la délicate affaire des « plus beaux ») nous avons bouclé vers 15 heures l’un de nos plus belles étapes en Huayhuash. Plein gaz sous pur ciel bleu, notre shunt par le col Trapecio fut un pur bonheur. Vent frais et lagunes au couleurs démentes. Entre les corniches suspendues du sommet du Trapecio (le petit 6000 à main droite) et les orgues rouges du Puscantur (un joli 5600, tout de verticales de basalte…), le passage de notre caravane (pour cette fois, les ânes et les chevaux était de la partie sur un sentier… balaise pour eux) n’a cessé de dessiner de sacrées variations dans la perfection des paysages. Ajoutez à la bambée une arrivée « pelouse/torrent/plein soleil » absolument parfaite. What else… Nous ignorons tout de votre dimanche, mais modestement, le nôtre fut plus que parfait.

Je me permets un message perso, pour une fois : Joss, un salut. Juste pour te dire qu’au-delà de 5000 mètres, il est très simple de « péter » la limite de vol verticale du Fhantom. Tu le mets en RTH, et tu continues de pousser la manette. Après ? C’est toujours très beau, vu d’un capteur, notre monde…