De Cutatambo à Huatiaq

Inutile d’attendre le soleil ce matin, la vallée est bien trop encaissée. C’est une heure après le lever du jour que le froid est le plus mordant, et ce matin avec le vent coulis qui descend des glaciers le mercure doit battre des records vers le bas ! On quitte donc le camp encore dans l’ombre et il faudra un bon moment avant de se réchauffer au soleil.

Premiers rayons de soleil

Pas possible de se tromper dans la descente, une seule grande vallée…

La descente est longue mais en pente douce jusqu'à retrouver la quebrada Huanacpatay. Vue sur de belles cascades. Nous perdons de l'altitude et imperceptiblement l'air se fait plus doux, la végétation comme les odeurs réapparaissent. Il n'y a pas de doutes, nous sommes sous les 4000 m d'altitude.

A la jonction entre les deux vallées.

Les belles cascades de la vallée de Huanacpatay

Le chemin passe juste au-dessus du village de Huayllapa. Seuls quelques volontaires (en manque de volutes bleues et autres paradis liquides artificiels) descendent dans ce village à 3500 m, point le plus bas de notre trek. La remontée dans la qebrada Milo n’est pas de tout repos : 700 mètres de dénivelé à avaler d’un seul coup pour arriver sur l’alpage de Huatiaq

Un alpage qui offre une jolie vue sur les faces sud du Tapush et du Diablo Mudo, l'un des très rares sommets abordables de la cordillère. Tant que le soleil brille… tout va bien, mais dès qu’il se cache derrière les arêtes… prévoir doudoune et compagnie !

La camp est déjà monté lorsque l’on arrive à Huatiaq

Nos amis japonais que nous avions perdu depuis plusieurs jours… sont de retour

La vie s’organise au camp. Anne officie comme masseuse…

D’autres se reposent de quelques excès de zèle, comme des montées trop rapides par exemple !

Deux savoyards de l’étape, François le Tignard et Claude de Rumilly.

Il parait que ce sommet est facile…

Les pensées du jour de Jean Marc Porte

Un profil de journée très à l’envers de ce qu’il faut bien appeler désormais nos habitudes : la journée a commencé par un joli 700 mètres de descente calme, entre torrent et lupins, dans la vaste vallée de Calinca. Bonus éclair : le passage sur les crêtes d’un couple de condors. 30 secondes, la tête en l’air, pour prendre la mesure de la taille et du domaine de vol de ces seigneurs des cordillères ? Un bout d’instant parfait, avant de toucher le point bas de notre itinéraire. Péage local (15 euros par personnes, plus les mules, au bénéfice de la communauté du village) et bifurcation en atmosphère dense :  à 100 mètres au-dessus du hameau de Huayllapa (3500 mètres...), certains d’entre nous ont plongé vers la civilisation, entre curiosité pure (hasard des jours : une fête villageoise, avec fanfare, danse et victuailles nous y attendait) et mobiles nettement plus prosaïque (recherche de cigarette Hamilton locales… et de quelques litres de vins chiliens). Mission brillamment accomplie. Les quelques 700 mètres de remontée sur les alpages de Huatiaq (à ne pas confondre avec le village de Huatiaq, sur la côte ouest du Groenland…) ont été avalés à un train d’enfer. Ce n’est pas encore du trail, mais désormais nous sommes absolument bien acclimatés. Demain, les paris sont ouverts : de combien allons faire tomber le chrono de l’étape prévue (8 heures), entre les bénéfices de l’acclimations, et les 3 litres de blanc chiliens qui refroidissent actuellement dans le torrent.

Réponse ? Demain soir, sans faute, pour saluer notre avant dernier jour autour de Huayhuash…