Le col de Choco

Aujourd'hui, nous franchissons le dernier col de cette traversée sauvage du sud de la Cordillère Blanche. La vallée de Cojup, très large à cet endroit, est encombrée de rochers déposés par une ancienne avalanche de débris. Par un pont… un peu branlant nous passons rive gauche.

Jean Marc se lance sur des troncs un peu pourris !

Carlos nous montre le col que nous avons traversé hier

La face Ouest du Ranrapalca

Lupins géants devant le Palcajaru

La montée est raide, voire très raide pour rejoindre notre col, au sud du Jatunmontepuncu (5421 m). A ce col, Jean Marc fait prendre l’air à son beau drone… Superbes images, le drone passe et repasse au-dessus de nous et puis soudain fait une grande embardée et disparait derrière une arête ! Comme l’a dit à postériori Jean Marc… El Condor Pasa !

Jean Marc au poste de pilotage

Pour ma part j’essaye en vain d’envoyer mon blog depuis ce col… Mais rien à faire, les ondes sont contre moi ! Rien ne fonctionne.

Tentative de connexion… ratée. Il faudra attendre le soir pour régler le problème avec la compagnie Inmarsat…

Depuis le col, la descente démarre avec délicatesse dans des énormes blocs qui demandent une certaine attention, puis c’est presque une autoroute. Nous retrouvons un sentier avec en toile de fond le versant sud-ouest du Pucaranra.

Dans la descente

Le Nevado Tullparaju

Encore quelques blocs à traverser…

Au pied du Tullparaju, la laguna Tullpacocha

Ambiance bucolique dans la descente, des lacs, des vaches … et des sommets impossibles !

Il ne reste que quelques petites heures de marche pour planter le camp dans la quebrada Quilcayhuanca.

Les pensées du jour de Jean Marc Porte…

On en fait beaucoup sur les cols, entre prestige perso et beauté effective de ces hauts points. A raison, certes : ces antichambres de l’altitude ne sont pas des sommets, mais ils en disent toujours un peu mieux sur « les montagnes » que les fonds de vallée. Nous venons de cocher le troisième point haut de notre bambée en Cordillère blanche… On peut compter les « 5000 » ou les presque « 5000 », mais le bonheur du jour, qui mériterait des pages, tient pour moi ce soir aux milles mètres de descente qui ont suivi notre bascule sur la vallée de Quillcayhuanca. Des mondes « intermédiaires », immenses, qui avalent, sous les lignes des sommets, pâturages et plateaux, lacs et zones humides. Logiquement, dans les dominantes de bruns et de vert, nous sommes passés d’abord des fracas de blocs et d’éboulis à une minuscule sente. Cairns clairs et lagunes. Plusieurs fois, dans ces immensités de « moyenne montagne », comme on dirait chez nous, les options d’itinéraires pour notre retour sur terre m’ont laissé, dans ma Ford Intérieure, à court de réponse. Normal : je ne suis pas du coin. Mais s’il ne devait rester qu’une mémoire de ce jour, ce serait celle du sentier d’alpage parfait qui nous a ramené in fine jusqu’au camp, en fond de vallée. Le chemin des bêtes convient parfaitement aux marcheurs ? Un long enchantement de couleurs et de fleurs, d’arbustes et de murets, jusqu’aux torrents aux rives d’ocres et aux pelouses des pâturages…. Beauté contre beauté ? Après l’arasement de l’altitude, le chant de ce sentier, presque englouti sous la végétation, était un simple et très singulier bonheur…