Le col Palcaraju

Le refuge était bien confortable ! Certains ont ronflé… mais pas moi… je m’étais isolé pour ne pas risquer des incidents diplomatiques.

Aujourd’hui, nouvelle journée engagée. Le démarrage est tranquille. Après la traversée de la rivière, le chemin monte doucement en rive gauche de la moraine. Après une montée plus raide, on prend pied sur un plateau dominant trois lagunes aux eaux turquoise.

Arrivée au premier plateau

Sur la moraine conduisant au col

Nous continuons bientôt par un chemin suivant la crête d’une moraine prolongeant le glacier du Palcaraju. Une traversée dans de gros blocs permet d’atteindre le col à 5250 m. Cela c’est ce qui est écrit dans la fiche descriptive… Mais comme cette année le phénomène du Nino a été particulièrement fort dans le nord du Pérou… il a beaucoup neigé sur les montagnes. En conséquence, la dernière partie se fait dans la neige.

Les dernières pentes pour gagner le col de Palcaraju

Casse-croûte au col

On croit toucher les pentes glacées du Palcaraju. D’autres sommets, striés de cannelures de glace, se découvrent comme le Pucaranra (6156 m). La descente est longue mais plus facile que la veille. Après avoir suivi une moraine, on rejoint rapidement de vastes alpages piquetés de touffes d’ichu (paille). Descente par des plateaux successifs en tirant toujours à droite. En chemin, belle vue sur la lagune Perolcocha, au pied du Ranrapalca. Une fin plus pentue nous amène dans le haut de la vallée de Cojup.

Il convient d’être très prudent dans les pentes supérieures du col

Différentes moraines nous font perdre de l’altitude

Superbe ambiance pendant toute la descente

De ce point on peut apercevoir l’itinéraire de demain. Le sentier va arriver pile au V des deux montagnes glaciaires que l’on peut voir à gauche

Le massif du Palcajaru

Les pensées du jour de Jean Marc Porte…

Un petit air d’Himalaya pour cette (bonne…) bambée au ras des moustaches du glacier du Palcaraju, qui signe la « grosse étape » de notre itinéraire actuel ?  Lagunes (what else… !), mousses claires et tapis de givre en guise de première marche vers les horizons pur blancs. Puis une envolé de blocs et de moraine au ras des séracs : cette année, la neige nous a grandement facilité la tâche, sous le col lui-même : notre petite caravane, pas à pas dans le blanc, avait presque des airs d’expé andine. Et pour certains d’entre nous, ce premier «5000 » (5250 selon les cartes, le GPS dort à l’heure où j’écris ces lignes) c’est doublé… d’une première expérience aux marges de la rando glaciaire ! Du bonheur en kinopanorama d’altitude ? Contre les barrières de séracs et les sommets, sur le glacier, une trace isolée de Teruka (cerf) zigzaguait, elle aussi, en parallèle à notre passage...