78 heures de Transsibérien

Retour à Irkoutsk, et précisément à la gare où nous devons embarquer sur le train mythique qui traverse la Russie : le Transsibérien. Ce train prend son départ de la gare de Moscou, 5185 kilomètres plus à l’Ouest.

Ce tracé est le fruit d’un long murissement des mentalités et des visions stratégiques de l’empire des tsars. C’est Alexandre III qui proclama officiellement la construction de la ligne en mars 1891. Sergueï Ioulevitch fut l’homme de main du pouvoir. Son principal souci était de trouver le financement de cette œuvre titanesque. Répartis en 7 secteurs territoriaux, les travaux débutèrent simultanément aux terminus Est et Ouest. C’est Nicolas II lui-même qui posa la première pierre de la ligne de l’Oussouri à Vladivostok. Tous les travaux n’avançaient pas à la même allure sur ces 7 tronçons. Chaque région avait ses problèmes particuliers et la main d’œuvre était loin d’être très qualifiée. Le dernier bout de la ligne à être construit fut celui qui longe le fleuve Amour. Ce bout de 2080 km nécessita des ouvrages d’art imposants, comme un pont de près de 2000 mètres de long. Le Transsibérien fut officiellement terminé en 1916. Au début les conditions de voyage étaient très aléatoires. Les traverses se fendaient, les ponts se déformaient, les rails se voilaient. Les trains roulaient à moins de 25 km/h, les services à bord étaient exécrables…  Bref, la légende de ce train commençait à se former. D’autres lignes sont venues se greffer sur cet axe principal : le Transmandchourien, le Transmongolien, la grande ligne Baïkal – Amour. De nos jours, les services de ce train sont plus que corrects. On part à l’heure (pour nous, départ à 8h57 précises) et nous arrivons 3 jours et 6 heures plus tard à Vladivostok. Ponctualité Suisse, le train entre en gare à 14h30 pétantes. Nous étions en première classe, attention la première sur ce genre de train normal, n’a rien de luxueux. 2 personnes par compartiment, couchette molle, wagon restaurant (attention aux arnaques potentielles des serveuses…) et quelques stops en route où on peut se dégourdir les jambes. Attention… les arrêts sont courts et il ne faut pas trop s’éloigner ! 

Dans chaque wagon, une Provodnitsa. C’est la maîtresse à bord. Elle gère les passagers, la propreté, l’eau du samovar. On peut lui acheter des encas, du (bon) café. Il y a aussi une douche dans le wagon des premières, mais la nôtre était passablement déglinguée. 

Gare d’Irkoutsk

Sur le quai, nous rejoignions notre compartiment

L’un des très nombreux ponts qui ponctuent le parcours

Chaque gare conserve jalousement des trophées de vieilles locomotives

Le paysage est sans cesse changeant, steppes, forêts, rivières, lacs etc

Nous changerons 2 fois nos montres sur le trajet

Des feux de forêts ont passablement endommagés les grandes forêts de bouleaux

Des petits villages se blottissent au bord de la voie. Des maisons en bois, une clôture pour protéger les plantations et des champs de pommes de terre soigneusement entretenus

La télévision de notre voyage…

Une des gares importantes durant le trajet

Le fret ferroviaire est capital pour la circulation des marchandises en Russie

Notre train vu depuis une passerelle

Réunion au sommet. Notre Provodnitsa (à droite) discute avec le chef du train

Gare de Mogocha. Dans cette région, la température en hiver est déjà descendue à -62° C, l’un des climats les plus rudes du monde

A Belogorsk nous sommes au kilomètre 7559. Long arrêt (30 minutes) pour se balader. Le Camarade Lénine veille sur les voies

Les grèves des cheminots ont été l’un des catalyseurs de la révolution de 1917

Devant la gare de Belogorsk, des étals de petites marchandes proposent des plats cuisinés locaux

Dans le wagon restaurant
Service à bord…