Retour à Port San Carlos puis Managua - Voyage au Nicaragua

Lever à 04:30, car, une fois de plus, la journée va être longue. La nuit a été bonne, très bonne même ; mais les vêtements mis à sécher sur le fil hier soir n'ont pas perdu une seule molécule d'eau, il faut donc les renfiler en l'état. Agréable ! Après un copieux petit-déjeuner, au lever du jour, nous nous répartissons sur deux barques à moteur qui vont nous reconduire jusqu'à El Castillo. Il faut, évidemment, repasser par la case contrôle policier ... Très joli lever de soleil sur le fleuve. Les barcasses nous laissent avant les rapides qu'elles ne peuvent pas franchir ainsi chargées. NIC-2015-07450 NIC-2015-07470 Vol superbe car nous pouvons revoir en quelques minutes tout le trajet que nous avons fait depuis Granada ... le Rio San Juan, l'île d'Ometepe avec ses deux volcan encapuchonnés de nuages, et, en fond, le panache de fumée du volcan Masaya qui se détache en contre-jour. Certes, ce coucou n'est pas très rapide ni très confortable, mais on voit beaucoup plus de choses qu'à onze mille mètres ! Comme mon GPS fonctionne dans l'avion, je note la vitesse de croisière, 310 km/h, et l'altitude, 2756 m (évidemment, la cabine n'est pas pressurisée, nos oreilles nous le rappellent). À l'arrivée, notre petit monomoteur se pose en douceur sur la grande piste de l'aéroport international de Managua. En sortant, nous retrouvons le minibus, Antonio, et le reste de nos bagages. Pas pour aller bien loin car le Best Western Las  Mercedes, un vrai hôtel, luxueux et moderne cette fois, est situé juste en face de l'aéroport. Un grand confort que nous ne sommes pas mécontents de trouver après tous ces jours de nature sauvage et d'installations précaires ! C'est la douche chaude qui est la plus unanimement appréciée (malgré le soleil de plomb, nous n'avons quasiment vu aucun chauffe-eau solaire dans le pays !). Très bien conçu cet établissement : il ressemble un peu à un village avec des petites ruelles où sont les chambres ; ce qui fait que, malgré son gigantisme, il paraît petit car on n'en voit que très peu à la fois. À 17 h, certaines chambres ne sont pas encore faites, donc nous entassons toutes nos affaires dans la même ... c'est vraiment du travail à la cubaine ... comme disaient les Russes du temps de l'URSS : puisqu'ils font semblant de nous payer, nous, on fait semblant de travailler ! À peine le temps de changer nos vêtements trempés de sueur odorante et maculés de boue, nous partons faire un tour rapide de la ville. Il n'y a pas grand-chose à voir car Managua a été quasiment détruite par un violent séisme [4] en 1972. Des guirlandes lumineuses partout et, outre celles du président Ortega et de son épouse, omniprésentes dans le pays, il y a aussi des photos du Che, d'Hugo Chavez, d'Augusto Sandino et de Salvador Allende à tous les coins de rue ... Je me suis dit qu'il ne manquait que celle d'Arlette et de Jean-Luc Mélanchon pour compléter la brochette ! El pueblo unido ... NIC-2015-07740 Dernier repas du groupe dans un parc sympa au bord du lac de Managua puis retour à l'hôtel afin de faire nos sacs pour le retour de demain.

 

[1] À quoi peut bien lui servir la scie-égoïne double qu'il porte sur le nez ? Mystère de la nature ! [2] Conçu en vue de remplacer les avions de brousse Beaver et Otter et les premiers Cessna, le C208 est un appareil économique bénéficiant d'une grande capacité d'emport de charge et ne nécessitant qu'une maintenance très légère. Il est aussi de la catégorie ADAC (avion à décollage et atterrissage court). Un turbopropulseur de 600 chevaux, 1700 kg à vide, 1360 kg de charge utile, il peut emmener jusqu'à quatorze personnes et son autonomie est de 1800 km. Donc 600 chevaux pour un véhicule pesant environ trois tonnes, l'équivalent d'un fourgon utilitaire léger, pas étonnant que ça pousse fort au départ. [3] D'ailleurs, à l'enregistrement, en plus des bagages, on pèse individuellement chaque personne. [4] Le 23/12/1972, un séisme de magnitude 6,5 sur l'échelle de Richter, dont l'épicentre était exactement à cet endroit, a saccagé la ville : 80% des édifices détruits et seulement 4% des habitations sont restées intactes. Au moins 10 000 morts, 30 000 blessés graves. Cette catastrophe a mis fin à la période de prospérité qu'avait connue le pays depuis 1950. La reconstruction a été entravée par de multiples fraudes et corruptions diverses qui ont laissé beaucoup de ressentiment dans la population ... À l'image de notre guide qui a fait sienne la formule : je suis né sous une dictature, je ne veux pas mourir sous une autre.