En route pour les Ratanakiri - Voyage au Cambodge : Balade chez les Khmers

 Lors du petit déjeuner, alors que le soleil brille déjà sur le Mékong, nous avons droit à deux petits cours de notre " professeur " Sok. Aujourd'hui 7 janvier, c'est l'anniversaire de la fin du régime de Pol Pot. En effet le 7 janvier 1979, après quinze jours d'intervention, l'armée vietnamienne réussi à chasser le dictateur, et met fin à 3 ans 8 mois et 20 jours (les cambodgiens connaissent cette durée par coeur) de dictature sanglante. Cette armée d'occupation ne va pas par contre règler la guerre civile qui va faire suite à cette dictature. Les vietnamiens ne repartiront du pays qu'en 1999 ! Deuxième intervention de Sok, plus drôle celle là... En regardant le service du petit déjeuner, relativement lent, Sok, pour expliquer cette manière d'être assez nonchalante, nous explique que les trois pays que sont Vietnam, Cambodge et Laos sont habités par des populations qui gèrent le temps de manière très différente. Les Vietnamiens plantent et font pousser le riz, les Cambodgiens regardent pousser le riz ... et les Laotiens écoutent pousser le riz ! En route vers 8 heures, une longue journée de route nous attend pour gagner Ban Lung. Nous passons sur la rive gauche du Mékong en empruntant un immense pont, payé par l'aide japonaise. Sok nous explique que les Japonais ne sont pas restés longtemps au Cambodge, n'étant pas du tout habitués à fonctionner avec une corruption aussi importante. Les sud-Coréens les ont remplacés, trouvant certainement des arrangements plus astucieux avec l'administration locale. Premier stop dans une belle forêt plantée d'hévéas. C'est en 1921 que Michelin, célèbre fabricant de pneumatiques, est arrivé dans cette zone du Cambodge et a trouvé des terrains propices à des plantations. Nous rencontrons une famille qui a la charge de faire " saigner " 600 arbres et Sok nous explique le cycle annuel de récolte de ce caoutchouc " feuille ", sorte de latex blanc qui s'écoule dans des récipients qu'il faut parfois vider 3 fois par jour. Nous poursuivons la découverte par la visite de la première usine que Michelin avait construite dans cette zone. Elle est toujours en fonction et produit du caoutchouc " crèpe " de 4 qualités différentes. Cette usine fut bien sûr nationalisée puis à nouveau privatisée. L'économie de l'hévéa est toujours en pleine activité dans ce pays et les paysans rêvent tous d'avoir 2 hectares à planter, ce qui assure de bons revenus annuels. Poursuite dans une grande plantation d'aréquiers, le palmier qui donne comme fruit la noix d'arec. Cet arbre est utilisé sous toutes ses formes, en autre pour la fabrication de balais. La route nous conduit à travers la petite ville de Chlong, et il est intéressant de retrouver des vestiges de l'architecture coloniale. Nous longeons à nouveau le Mékong. A Kratié nous retrouvons le bitume de la nationale 7 qui file vers le nord et que nous quitterons peu avant la ville de Stung Treng. Il ne reste plus que 160 kilomètres de piste poussiéreuse (mais qui dans pas longtemps va se transformer en superbe route bitumée, construite par des chinois) pour rejoindre Ban Lung. Installation dans un superbe hôtel, Terres Rouges, tenu par un ancien parachutiste français marié à une cambodgienne.  Ban Lung est la capitale de la province de Ratanakiri. Cette région a la particularité d'abriter de nombreuses ethnies, en grande partie animiste et avec des rites tout à fait particuliers. C'est d'ailleurs le but de notre visite dans cette région. Pêche sur le Mekong Plantation d'hévéas Travail dans une plantation d'hévéas Saignement d'une hévéa Ancienne usine Michelin Etape du processus de modification Fruits d'un arecquier Utilisation d'un arecquier Bâtiments coloniaux à Chlong Terres rouges à Ban Lung Totems Jaraïs devant l'hôtel