Randonnée en forêt équatoriale - Voyage en Indonésie : Irian Jaya et Moluques

Remontée de la rivière

Dès 7 heures nous embarquons dans une pirogue affrétée par Etienne, qui doit nous déposer au départ de la randonnée. La première difficulté consiste à trouver l'entrée de la rivière que nous devons remonter, car à marée basse l'eau n'est pas très profonde et nous commençons par nous ensabler ! Finalement le bon passage est trouvé et nous remontons pendant une heure une rivière aux eaux limoneuses, bordée d'une végétation luxuriante, et d'où nous voyons s'envoler à notre passage des nuées de calaos. Etienne n'en a jamais vu autant ! A 8h30 nous accostons près d'un village et commençons à marcher. Etienne nous avait annoncé un sentier boueux ... il le  fut ! Le chemin suit la rive de la rivière, que nous remontons pendant 2 heures, jusqu'à une cataracte. Nous croisons quelques autochtones qui remontent vers leur village, plus haut le long du fleuve, ou descendent faire des emplettes au village d'où nous sommes partis. La forêt est magnifique, toujours des merbaus aux fûts rectilignes qui s'élancent vers le ciel, mais aussi des muscadiers, des cocotiers, des jaquiers et toute la végétation de ce milieu, auquel la chaleur (qui nous accable) et l'averse quotidienne (que nous connaitrons tout à l'heure) assure une extravagante exubérance. Egalement au bord du sentier, un petit cimetière chrétien. L'Indonésie est très majoritairement de confession musulmane, mais cette région de l'Irian Jaya est chrétienne, résidu d'influence des missionnaires arrivés avec la colonisation hollandaise. Les tombes sont des huttes en miniature, dispersées dans les herbes hautes, et dont une croix sert de soutien au toit. Vers midi, pique-nique au bord de l'eau avec le repas froid préparé par Agus, puis retour au village du départ vers 15 heures. L'état des chaussures fait que chacun est tenté de rentrer dans l'eau de la rivière pour les nettoyer, mais la rive est glissante et beaucoup se retrouvent prenant un bain de siège imprévu ! De sorte que notre glorieuse équipe ressemblera un peu à une armée en déroute lorsque nous visiterons le village d'où nous sommes partis ! Les indigènes, qui nous font cortège, ne semblent pas s'en formaliser, et nous regardent, imperturbables, remonter dans notre pirogue, avec une grâce d'handicapés moteurs, car ces esquifs, difficiles d'accès, sont d'une extrême sensibilité au moindre mouvement, et ne demandent qu'à chavirer. Le soir, le repas est prévu à Lobo, chez l'habitant. C'est une certaine Adriana chez qui nous allons, et aussitôt certains fantasment sur une certaine " Karembeu " ... la réalité sera bien sûr un peu différente. Adriana est une gentille " mama " qui nous a préparé un riz jaune et un dessert, sorte de crème renversée locale, les autres plats ayant été apportés du bateau par Agus. Nous dînons à la locale, c'est-à-dire assis par terre (dans la position du lotus, pour ceux qui le peuvent), et mangeons avec les doigts ; une cuillère est cependant prévue pour les délicats (c'est-à-dire nous tous ... sauf Etienne), pendant qu'une dizaine de villageois, confortablement installés derrière nous, sur des chaises en plastique, assistent avec intérêt à ce spectacle gratuit et sans doute haut en couleurs pour eux. Mouillage pour la nuit, en face de Lobo. Enfants papous Femmes papous Cimetière chrétien Papillons Arrivée dans un village Remontée à bord